Le carbone suie, point de convergence d’enjeux sanitaires et de réchauffement climatique ! Référent en matière de pollution atmosphérique, le CITEPA dresse l’état des connaissances sur le carbone suie
Publié le 22 mai 2012 à 16:07
Ce polluant est un forceur climatique à courte durée de vie (plus connu en anglais sous le terme SLCF (Short-Lived Climate Forcers). Selon certaines hypothèses, il pourrait être un acteur du changement climatique à court terme, de par ses propriétés absorbantes du rayonnement solaire et son dépôt à la surface des glaciers et de la banquise, mais affecterait aussi la santé humaine. Ainsi, ce polluant conduirait, selon une équipe de recherche internationale menée par l'Institut Goddard des Etudes Spatiales au sein de la NASA(*) américaine, à une estimation de 179 000 à 3 millions de décès prématurés à l’horizon 2030. Le 4 mai 2012, l'Organe exécutif de la Convention de Genève sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance a adopté des amendements au Protocole de Göteborg relatif à la réduction de l'acidification, de l'eutrophisation et de l'ozone troposphérique (1999). Le texte intègre notamment des références au carbone suie. Il établit un lien avec le changement climatique, en incluant ce forceur climatique à courte durée de vie en tant que composant des particules fines (PM2,5). Le Protocole révisé ne fixe pas d'objectifs de réduction des émissions de carbone suie mais formule des recommandations, notamment pour cibler les sources émettrices et élaborer des inventaires d'émission. Un ensemble de composants encore mal connus et à gros enjeux. Emis depuis que l’homme maîtrise le feu, le carbone suie est une composante des particules avec un pouvoir de réchauffement alors que d’autres composantes de ces mêmes particules ont un pouvoir refroidissant. La durée de vie de ces particules dans l’atmosphère est de l’ordre de 3 à 8 jours. Contrairement au CO2 qui est un gaz à effet de serre à longue durée de vie, le carbone suie aurait un impact immédiat sur le réchauffement de l’atmosphère et contribuerait également à la détérioration de la qualité de l’air local. En 2010, les émissions de carbone suie dans l’UE-27 sont estimées à 310 kt, se situant en baisse de 25% par rapport à 1990 (387,5 kt). Les deux secteurs émetteurs prépondérants dans l’Union sont le résidentiel et le transport routier(**). Au niveau global, d’autres sources sont prépondérantes telles que les feux de forêts et la combustion dans les activités domestiques (telle que la cuisson). Le CITEPA participe aujourd’hui activement au groupe de travail EGTEI (Expert Group on Techno Economic Issues) de la CEE-NU (Commission Economique pour l’Europe, des Nations Unies) et aux travaux de révision du Protocole de Göteborg, traitant en particulier de la réduction des émissions de carbone suie.