Les comportements numériques des Français
Publié le 07 décembre 2011 à 12:54
Comment les Français gèrent-ils leurs données numériques personnelles en termes de sauvegarde et de protection ? Comment perçoivent-ils les risques liés à l’utilisation d’Internet et quelle est la réalité des risques rencontrés ?
Comment les Français gèrent-ils leurs données numériques personnelles en termes de sauvegarde et de protection ? Comment perçoivent-ils les risques liés à l’utilisation d’Internet et quelle est la réalité des risques rencontrés ? L’étude réalisée sur ce sujet par le groupe SPB, spécialiste de la conception de programmes d’assurance affinitaire et leader européen des solutions d’assurance de produits nomades, révèle le contraste entre une bonne prise de conscience des risques et l’application encore aléatoire des pratiques adaptées pour s’en prémunir. Les Français y évoquent également les nombreux accidents de perte de données vécus, ainsi que les utilisations frauduleuses de leurs données personnelles. Très attachés à leur équipement et à leurs données numériques, ces expériences, jugées très dommageables semblent pourtant ne pas toujours leur servir de leçon.
Attachement fort à la connexion et à l’équipement numérique
Les Français confirment, dans cette étude, l’importance de leur attachement aux produits numériques et à Internet pour leur usage personnel. Ils sont plus des trois quarts (79 %) à consulter leurs mails plusieurs fois par jour et reconnaissent un état de manque au bout de quelques heures seulement sans mobile ou Smartphone (pour 25% d’entre eux) ou sans connexion Internet (20 %).
Avec plus de 7 produits numériques utilisés régulièrement à titre personnel en moyenne, la gamme d’équipement va de l’appareil photo numérique à la tablette, en passant par le mobile ou les PC portables. L’éventail de données numériques personnelles qu’ils détiennent se compose ainsi de photos (pour 96,8 % d’entre eux), d’e-mails (96 %), de documents (94 %), de musique (82,5 %) et de films (67,6 %).
La sauvegarde des données : importante en théorie, moins dans la pratique
Pour conserver ces données, ils ont conscience que la sauvegarde est essentielle : elle est jugée importante par presque tous les interrogés (94 %), dont la moitié (52 %) la disent même « très importante ».
Une unanimité qui ne se traduit pas dans la pratique. Le recours à la sauvegarde varie en fonction des données numériques : si les photos et les documents sont les plus protégés (sauvegardés dans leur intégralité pour respectivement 76 % et 67 % des interrogés), les e-mails ne sont par exemple jamais sauvegardés par 20 % du panel.
La fréquence moyenne de sauvegarde est également très variable : au moins une fois par semaine pour 35 %, une fois par mois pour 31 % et moins souvent pour 34 %.
Chez les détenteurs de tablettes et Smartphones, la synchronisation n’est, elle aussi, pas encore un réflexe acquis : si 26 % disent le faire une fois par semaine, ils sont autant à ne jamais le faire !
Pour les modes de sauvegarde, les Français mixent supports physiques et en ligne (62 %), ou n’ont recours qu’aux supports physiques (36 %), tels les disques durs externes, clés USB, CD, DVD…
Pour la sauvegarde en ligne, ils utilisent prioritairement les espaces des boites mails, des réseaux sociaux ou l’espace de stockage du fournisseur d’accès Internet. A noter que seuls 3 % d’entre eux disent utiliser un service payant pour la sauvegarde en ligne.
« Nous le constatons dans les sinistres que nous gérons et qui concernent à 70% des Smartphones »,
Les mots de passe : la facilité privilégiée
Bien outillés pour protéger leurs données (antivirus, spywares et antimalwares détenus par 93 %, et pare-feu par 76,5 %), ils optent souvent pour la facilité concernant les mots de passe : 47 % utilisent toujours les mêmes contre 53% qui les diversifient, et 52% utilisent des mots de passe faciles à retenir.
Pour les mémoriser, 42 % conservent les confirmations mails ou courriers, 39 % choisissent la reconnaissance automatique par les sites web et 19% centralisent tout dans un document dédié.
S’ils sont une majorité à ne pas partager leurs mots de passe avec leur entourage proche (54 %), 38 % d’entre eux reconnaissent en partager certains » et 8 % l’intégralité.
Risques perçus et accidents vécus : la panne remporte la palme
Les Français ont bien intégré les risques liés à Internet pour leurs données numériques, mais il existe un léger décalage entre la perception et l’occurrence réelle du risque. Ainsi le vol des données, très redouté, est jugé comme un « risque fréquent » par 48 % des interrogés, mais seul 13 % y ont été confrontés au moins une fois.
En revanche, les pertes de données par panne ou par inadvertance sont estimées moins fréquentes que dans les faits. La panne (crash du disque dur, fin de vie de l’ordinateur) a été vécue au moins une fois par 54 % des interrogés et 50 % reconnaissent avoir été confrontés à une perte de ses données par erreur personnelle (erreur de manipulation, oubli d’enregistrement du travail). La détérioration ou la perte de l’outil de sauvegarde sont également souvent évoquées.
Enfin, l’usurpation ou la dégradation de l’identité numérique (photos compromettantes sur un mur Facebook, utilisation des coordonnées bancaires) ont été vécues respectivement par 14 % et 11 % des interviewés.
Des accidents dont les conséquences sont toujours jugées dommageables, particulièrement pour ce qui touche à l’identité, au vol ou à la perte des données.
« Notre vie est de plus en plus numérique et la valeur des données l’emporte sur la valeur du matériel. La perte d’un Smartphone, qui contient énormément de données (photos, contacts, mots de passe, mails,…) est aujourd’hui bien plus dommageable que celle d’une carte bancaire », souligne Laurent Courtin, directeur commercial de SPB.
« Nous avons été surpris par le succès de la question ouverte sur les risques survenus, qui a recueilli plus de 700 témoignages. Et effectivement, depuis 10 ans que nous proposons des solutions de sauvegardes, nous constatons que les utilisateurs peinent à appliquer les reflexes de prévention : la fatalité l’emporte sur les bonnes pratiques !», explique Jean-Marie Guian, le président du Directoire du groupe SPB.
« Le risque « zéro » n’existant pas, il nous faut pouvoir répondre à ce besoin de stocker, protéger et surtout de restaurer ! Nous réfléchissons donc à des produits d’assurance et d’assistance permettant de répondre à ces nouvelles problématiques : restauration de données, gestion de l’identité et de l’héritage numérique, etc. », conclut-il.