14e Carrefour des gestions locales de l'Eau A Rennes (Parc des expositions), les 23 et 24 janvier 2013
Publié le 14 décembre 2012 à 09:04
Thierry BURLOT, Vice-Président de la Région Bretagne, chargé de l’aménagement territorial et environnemental, nous explique pourquoi il est indispensable de concilier développement économique et politique de l’eau... Le thème sera repris lors du Carrefour de l’Eau en janvier prochain.
Thierry BURLOT, Vice-Président de la Région Bretagne, chargé de l’aménagement territorial et environnemental, nous explique pourquoi il est indispensable de concilier développement économique et politique de l’eau... Le thème sera repris lors du Carrefour de l’Eau en janvier prochain. Territoire et qualité de l'eau La Bretagne constitue une entité hydrographique à elle seule liée à la structuration du massif armoricain. Toute l’eau qui tombe en Bretagne, s’écoule en Bretagne, ruissèle en Bretagne et se jette en Bretagne. Par ailleurs, le sous sol Breton est très peu perméable, ce qui explique la faiblesse de ses eaux souterraines. 80% de nos ressources en eau proviennent des eaux dites « superficielles », à l’inverse de ce qui se passe au niveau national. Ce système hydrographique nécessite pour nous une approche particulière des problématiques. Le constat est sans appel : c’est bien le développement économique et l'aménagement du territoire qui font la qualité de l’eau. Si la Bretagne souffre de la qualité de son eau, c’est parce que nous n’avons pas pris assez en compte cette problématique. Nous devons donc concilier le développement économique de notre région et la nécessaire reconquête de la qualité des eaux, aussi bien au niveau de ses rivières que de ses littoraux. L’enjeu est là et c’est un vrai défi ! Qualité des eaux souterraines : un contexte particulier pour la Bretagne... Les eaux souterraines en Bretagne correspondent en réalité à de petits aquifères, elles sont totalement méconnues et classées par grandes masses d’eau. Elles n’ont aucune réalité hydrologique, et par défaut de connaissance, nous les avons classées globalement en masses d’eau fortement dégradées. Le travail effectué avec le BRGM vise à mieux connaître les aquifères bretons, leur qualité et leur impact sur le fonctionnement hydrologique des cours d’eau. Il y a beaucoup de méconnaissances sur le fonctionnement hydrogéologique des nappes d’eau en Bretagne. Nous travaillons donc là-dessus pour mieux préparer la révision du SDAGE à l’horizon 2015. Décentralisation & politique de l’eau Nous sommes attendus sur le sujet. Marylise Lebranchu, la ministre en charge du dossier, prend souvent pour référence la gestion de l’eau en Bretagne dans son discours sur l’expérimentation et l’exercice de compétences décentralisées. Si aujourd’hui la Région Bretagne demande ce droit à l’expérimentation sur l’eau, c’est avant tout pour concilier le développement de son territoire et la qualité de son eau. Il faut sortir d’une politique de l’eau purement environnementale, donc uniquement sectorielle, et passer à une dimension d’aménagement du territoire et de développement économique. La Région Bretagne ne souhaite pas être seule dans cette démarche, mais doit réunir tous les acteurs : Agence de l’eau, départements, communes, inter-communalité, acteurs économiques et associations. La gestion de l’eau dans les territoires sera ainsi mieux organisée, dotée de 21 outils de planification, les SAGE, qui établiront pour chaque territoire un diagnostic et surtout une ambition de reconquête à travers un programme de travail cohérent. Nous devons utiliser l’ensemble de nos politiques publiques : celle de l’Agence de l’eau, celles des collectivités et celle de la PAC (territorialisation du 2e pilier), pour faire en sorte d’être encore plus pertinents en soutenant les opérations de reconquête de la qualité des milieux aquatiques. Je vois la Région comme un outil de cohérence, assembleur des politiques publiques. La reconquête de la qualité de l’eau, une fois aboutie, fera que la Bretagne en sortira beaucoup plus forte économiquement et socialement. Propos de Thierry BURLOT, recueillis par Julien Marié.