20% d'échec dans l'enseignement supérieur
Publié le 30 juin 2006 à 10:59
La Commission du débat national université-emploi, qui a rendu son rapport d'étape au ministre de l'Education Gilles de Robien jeudi, estime que le taux d'échec pour les jeunes entrés dans l'enseignement supérieur est de 20%, "soit plus de 80.000 personnes dont les espoirs sont déçus tous les ans"
Par ailleurs, la Commission souligne que "11% des bacheliers généraux entrés dans l'enseignement supérieur en sortent sans diplôme". C'est également le cas pour 30% des bacheliers technologiques et pour 61% des bacheliers professionnels, selon le rapport.
Concernant l'insertion professionnelle, la Commission estime que trois ans après leur sortie de l'enseignement supérieur, 11% des diplômés sont au chômage.
La Commission propose sept mesure d'urgences dans son rapport, parmi lesquelles le suivi personnalisé, dès la rentrée prochaine, des jeunes sortis sans diplôme de l'université ces trois dernières années.
Outre ces mesures d'urgence, le rapport préconise de rendre obligatoire dans toutes les licences, "un module projet professionnel personnalisé pour l'année universitaire 2007-2008", ainsi que l'acquisition de "compétences de base" dans trois domaines: la maîtrise d'une langue vivante étrangère, l'informatique et les outils bureautiques, la recherche d'un emploi et la connaissance des secteurs économiques.
Parmi les sept "mesures d'urgence", la commission préconise que "tous les jeunes sortis sans diplôme des universités durant les trois dernières années, confrontés à des difficultés d'insertion professionnelle", puissent "bénéficier au niveau local", entre septembre et décembre prochain, "dans le cadre de leur université, d'un entretien et d'une mise en contact avec des employeurs potentiels, voire d'une réorientation".
La Commission propose la mise à contribution du "savoir faire de l'université, des missions locales, du service public de l'emploi" ou encore "des organisations professionnelles telle que l'Union professionnelle artisanale (UPA), les MEDEF territoriaux" et les "branches professionnelles".
Autre mesure, la Commission propose de mettre à disposition dès février 2007, soit quelques mois après la rentrée universitaire 2006-2007, 5.000 places en filière BTS "afin de limiter les situations d'échec et permettre les réorientations".
"Les établissements concernés accueilleront, sur la base d'une sélection pertinente, des étudiants inscrits dans des licences générales (en 1ère ou 2e année) qui se considèrent mal orientés et souhaitent se réorienter afin de ne pas perdre une année", précise le rapport.
Des "parcours spécifiques de soutien" pourraient également être mis en place à la rentrée 2007 pour les bacheliers de l'enseignement professionnel. "Cela ne veut pas dire qu'on va procéder à une sélection à l'entrée, mais mettre en place des formes pédagogiques qui permettent d'aller vers le succès", affirme Patrick Hetzel.
Le rapport propose aussi que les universités aient "l'obligation légale", dès la prochaine campagne d'inscription en juillet 2007, "d'informer les étudiants des taux de succès dans la formation qu'ils choisissent" sur les trois années précédentes.
Pour aider les étudiants dans leur parcours universitaire, la Commission préconise aussi la mise en place dans chaque faculté d'une "direction des stages, des emplois et des carrières".
Elle serait chargée "d'accompagner et de conseiller les étudiants dans leur démarche d'insertion professionnelle progressive".
Enfin, dans chaque académie, une "commission de l'enseignement professionnel post-baccalauréat" chapeauterait l'ensemble du dispositif, avec pour objectif "d'harmoniser la carte des formations" après le bac, de "réguler l'admission des bacheliers dans les différentes formations" et "de coordonner les dispositifs d'information et d'orientation".