500 agressions gratuites chaque jour en France

Par Bernard M.
Publié le 14 février 2006 à 09:44

L'Observatoire national de la délinquance (OND) a dévoilé hier son premier rapport

Et si la France enregistre bien un recul des cambriolages, elle connaît en revanche une forte hausse des violences dites «non crapuleuses».

Les actes de violence gratuite explosent en France et expliquent en partie la progression galopante des agressions.



L'Office a comptabilisé pas moins de 411 800 atteintes volontaires à l'intégrité physique entre février 2005 et janvier 2006, soit une hausse de 6,6% par rapport à la même période de l'année précédente.

Ce seuil de 400 000 faits n'avait jamais été atteint auparavant. A elles seules, les violences dites «non crapuleuses», où le vol n'est pas le mobile, ont progressé de 9% pour s'établir à 188 500 faits constatés. Soit une moyenne de 500 agressions déclenchées «à la tête du client» chaque jour en France.



Alain Bauer, président de l'OND, explique cette tendance par une «sanctuarisation croissante des biens». «Depuis les années 90, en raison des niveaux de protection élevés exigés par les assureurs, il est devenu difficile de voler une voiture ou de cambrioler une maison», explique le criminologue qui rappelle que les vols de voitures et les cambriolages ont reculé respectivement de 7,8% et 8,3% dans les douze derniers mois.



Butant sur des alarmes sophistiquées ou des serrures inviolables, les délinquants jettent dorénavant leur dévolu sur les particuliers eux-mêmes. Ces derniers, devenus en quelque sorte les «maillons faibles» de la chaîne sécuritaire, ont subi 620 000 vols de téléphones portables en 2004. Dans 76% des cas, ces délits se sont déroulés sans violence, ni menace comme l'a précisé une étude de victimation menée l'an dernier par l'OND.



Enfin, le rapport de l'Observatoire de la délinquance constate que les violences sexuelles constituent l'unique catégorie d'agressions accusant un tassement de – 9,4%, avec 23 204 faits constatés entre février 2005 et janvier dernier.

«Cette tendance devrait faire l'objet d'une étude approfondie, a annoncé Alain Bauer. Pour l'heure, on ignore si elle est un accident statistique ou si elle est imputable à l'action d'une politique publique. En tout état de cause, cette baisse des violences sexuelles, qui apparaît après la révélation du phénomène il y a quinze ans, atteint peut-être un palier.»



Pour compléter son tableau de bord inédit, l'OND a par ailleurs livré hier le dernier bilan de la main courante informatisée que gère la Sécurité publique. Le mois dernier, les particuliers y ont déclaré 71 896 faits qui n'entrent habituellement pas dans les statistiques de la délinquance. Près de la moitié d'entre eux (37 886) se rapportait à des différends familiaux, des bagarres de rue, des litiges commerciaux ou des querelles de voisinage.