Astrium a réalisé SEVIRI, l’instrument de météo hautes performances du satellite MSG-3
Publié le 02 juillet 2012 à 13:47
Dans quelques jours, le prochain satellite de météorologie européen en orbite géostationnaire MSG-3 (Meteosat Second Generation 3), qui sera rebaptisé Meteosat 10 lors de sa mise en fonction, sera mis en orbite. L’instrument clé de ce satellite est un radiomètre haute-résolution appelé SEVIRI (Spinning Enhanced Visible and Infrared Imager), conçu et réalisé par Astrium, numéro un européen de l’industrie spatiale. MSG-3, construit par Thales Alenia Space (TAS) en tant que maître d’œuvre, sera l’un des satellites de météo placés en orbite géostationnaire, à 36.000 km de la Terre. Il permettra à Eumetsat, l’opérateur européen de satellites météorologiques, de garantir pendant plus de 10 ans la continuité des services offerts par MSG. Depuis une position géostationnaire, les satellites ont une vue imprenable sur toute une face de notre planète, leur permettant de suivre des phénomènes climatiques avec plusieurs jours d’avance et sur plusieurs milliers de kilomètres de distance. Les données qu’ils recueillent sont utilisées par les météorologues du monde entier pour prévoir et anticiper les phénomènes climatiques avec au moins cinq jours d’avance. Leurs données sont également diffusées chaque jour par les chaînes de télévision du monde entier sous la forme de « cartes météo satellites ». Pour produire ces cartes et permettre les prévisions météo, les Meteosat sont équipés d’un instrument principal, un radiomètre-imageur, installé au cœur du satellite. Conçu et réalisé par Astrium, ce radiomètre « voit » les phénomènes climatiques, dans le visible et l’infrarouge, sur un tiers de la surface du globe (MSG-3 « verra » une zone allant approximativement du pôle Nord au pôle Sud et du Chili à l’Inde). Il s’agit du troisième SEVIRI pour MSG et du dixième radiomètre conçu et réalisé par Astrium pour la constellation Meteosat, dont les premiers exemplaires ont servi jusqu’à 19 ans dans l’Espace. Depuis la mise en service du premier modèle en 2004, SEVIRI constitue l’instrument de référence mondial des travaux de conception de la prochaine génération de radiomètres. C’est le plus performant des instruments de météorologie en orbite géostationnaire. SEVIRI apporte des évolutions technologiques importantes par rapport aux radiomètres des Meteosat de première génération. Il est capable de détecter 12 bandes spectrales au lieu de trois, rendant les observations encore plus fines. Il offre une résolution trois fois plus élevée que celle des radiomètres précédents (jusqu’à un kilomètre), permettant de zoomer à la demande sur des phénomènes climatiques locaux. Enfin, SEVIRI est capable de scanner la face de la Terre qu’il observe en 15 minutes seulement, contre 30 minutes pour la génération précédente. Grâce aux évolutions de son instrument, MSG contribue de manière significative à rendre le monde plus sûr, en fournissant plus souvent des données plus détaillées qui permettent de mieux détecter les risques météorologiques (ces informations intéressent, par exemple, les acteurs du secteur du transport aérien). Les ouragans avec leurs longues traînées de régions sinistrées n’en sont qu’un exemple. La nouvelle génération des Meteosat est capable de prévoir les moindres dépressions locales annonciatrices de tempêtes, permettant aux organismes de secours de réagir plus rapidement. Le programme MSG (Meteosat Second Generation) est un système complet, qui comprendra un segment sol et quatre satellites. Le premier satellite MSG (rebaptisé Meteosat 8 au moment de son entrée en fonction) a été lancé en août 2002 et le second (devenu Meteosat 9) en décembre 2005. Astrium est le concepteur des composants majeurs de ce programme : outre le radiomètre SEVIRI, Astrium a également réalisé les composantes essentielles de MSG-3 (alimentation électrique, système de contrôle d’altitude et d’orbite, système de propulsion...) et a développé l’outil principal de traitement d’image utilisé par Eumetsat. Les satellites MSG travaillent en complémentarité avec les satellites de météo en orbite basse, comme les METOP européens, également réalisés par Astrium. Les données des satellites géostationnaires ont l’avantage d’être globales et permanentes. Elles constituent donc la base du travail des prévisionnistes, qui les affinent ensuite avec celles fournies par les satellites en orbite basse, qui balaient la surface du globe avec une très grande précision. Le système de satellites Meteosat de seconde génération (MSG) est un projet commun de l’Agence spatiale européenne (ESA) et d’Eumetsat, l’opérateur européen de satellites météorologiques, destiné à remplacer la constellation Meteosat de première génération, opérationnelle depuis 1977 (une continuité et une fiabilité exceptionnelles dans l’imagerie météorologique). Le premier programme Meteosat voyait le jour il y a plus de 40 ans ; Astrium a pris le relai et reste, avec TAS, au cœur de ce programme. Astrium est également le maître d’œuvre d’Ariane 5, le lanceur européen ultra-fiable conçu pour une grande variété de missions lourdes. Sur ce vol de sa fameuse version ECA, le lanceur Ariane 5 placera deux satellites en orbite : EchoStar XVII (un satellite de télécommunications) et MSG-3. Les deux passagers seront placés sur une orbite de transfert géostationnaire (GTO), à une altitude cible de 35786 km et avec une vitesse inertielle de 9857 m/s. Il s’agira du 63ème vol du lanceur Ariane 5.