Avocats de province et de banlieue : en grève à cause de l’aide juridictionnelle
Publié le 09 novembre 2006 à 13:10
Les avocats de France, à l'exception des Parisiens, sont invités à cesser toute activité jeudi afin de contraindre le gouvernement à revaloriser l'indemnisation que leur verse l'Etat pour défendre les clients à faibles ressources qui touchent l'aide juridictionnelle.
Depuis le 30 octobre, la Conférence des Bâtonniers a appelé les avocats à cesser de participer aux audiences de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, communément appelé le "plaider-coupable".
Et une autre journée de grève est prévue le 16 novembre, avant un rassemblement national à Paris le 18 décembre.
Mais la promesse est restée lettre morte et, en juin dernier, une journée de mobilisation avait été très suivie en France à l'appel du Conseil national des Barreaux (CNB), qui chapeaute les quelque 45.000 avocats du pays.
En septembre, le Garde des Sceaux Pascal Clément avait fini par annoncer dans le budget 2007 une revalorisation "d'au moins 6%", un effort financier de 16,3 millions d'euros, promettant d'aller "au-delà si la conjoncture le permet".
Les 19.000 avocats parisiens, souligne-t-il, soutiennent ce mouvement "légitime", mais n'y participent pas "parce que la capitale ne consomme que 5% du budget de l'aide juridictionnelle, phénomène lié au niveau de vie élevé des habitants de Paris intra-muros".
En 2006, le budget de l'aide juridictionnelle (qui couvre aussi les frais d'huissiers ou d'expertises) s'élevait, hors personnel, à 304,7 MEUR et devrait atteindre 323 MEUR en 2007, selon la Chancellerie.
C'est pourquoi le CNB appelle à "une réunion de concertation de tous les acteurs de la profession autour de l'élaboration d'un véritable projet de refonte de l'aide juridictionnelle", explique Gisèle Mor, membre du bureau du CNB.