Baisse des taxes sur les carburants : le gouvernement signe les prolongations
Publié le 29 novembre 2012 à 13:16
La Fondation Nicolas Hulot et le Réseau Action Climat sont irrités par la décision du ministre de l’Economie de prolonger la baisse des taxes sur le carburant et, alors qu’il recule sur le chèque mobilité, nos organisations demandent qu’une politique socialement juste et écologiquement responsable soit engagée dès maintenant !
La Fondation Nicolas Hulot et le Réseau Action Climat sont irrités par la décision du ministre de l’Economie de prolonger la baisse des taxes sur le carburant et, alors qu’il recule sur le chèque mobilité, nos organisations demandent qu’une politique socialement juste et écologiquement responsable soit engagée dès maintenant ! La déception de voir un gâchis se prolonger Ce vendredi 30 novembre devait prendre fin une mesure qui n’aura satisfait personne et coûté 450 millions d’euros à l’Etat. Socialement injuste, puisqu’elle bénéficiait majoritairement aux ménages aisés qui consomment deux fois plus de carburant que les plus modestes, et n’améliorait guère la situation des plus précaires, elle était économiquement et écologiquement désastreuse. L’Etat a sacrifié un demi milliard d’euros sur l’autel d’un culte passéiste, celui d’une énergie éternellement bon marché dont le prix serait garanti par l’Etat. Mais le gouvernement a jugé bon de prolonger le gâchis pour 75 millions d’euros supplémentaires et renonce à résoudre les problèmes de précarité dans la mobilité. 500 millions d’euros à dépenser? Aidons vraiment les ménages précaires ! En lieu et place, nos organisations proposaient au gouvernement de mettre en place de façon transitoire un chèque mobilité non affecté aux seules dépenses de carburant alloué automatiquement aux plus vulnérables, par exemple sous forme de crédit d’impôt. D’autre part, pour Lorelei Limousin, chargée de mission climat-transports au Réseau Action Climat «une aide transitoire aux plus vulnérables doit être financée grâce à la fiscalité écologique. Une augmentation des taxes sur le diesel de 3 centimes par litre, tout comme une réforme du système du remboursement des frais réels kilométriques aux salariés pour leurs trajets domicile-travail, permettrait de rapporter plus d’un milliard d’euros à l’Etat.» Réduire durablement les coûts de la mobilité en facilitant l’émergence des modes alternatifs Pourtant, le prix des carburants est un trompe-l’œil qui focalise l’attention alors qu’il ne représente en moyenne qu’un quart du budget mobilité des personnes. Au-delà c’est bien le coût croissant de la mobilité individuelle qui interroge. Parce que certains consacrent jusqu’à 20% de leur budget mensuel, parce qu’il n’existe pas une offre suffisante de mobilité collective ou partagée dans leur bassin de vie, de plus en plus de ménages ruraux ou périurbains sont dans une situation difficile. C’est pourquoi nous demandons qu’en parallèle le gouvernement redistribue des recettes de la fiscalité écologique aux collectivités territoriales et des intercommunalités pour accélérer le développement des mobilités partagées comme le covoiturage ou l’autopartage dans les territoires périurbains et ruraux et améliorer les transports collectifs. Denis Voisin, chargé de projet Mobilité de la Fondation Nicolas Hulot insiste: «les intercommunalités doivent devenir de réelles autorités organisatrices de la mobilité durable dans leur bassin de vie et faciliter l’émergence d’offres adaptées aux contraintes des territoires peu denses».