Bayrou profite de l’hypothèse d’un gouvernement d’union nationale
Publié le 14 février 2007 à 15:51
Nouveau baromètre électoral Orange - BVA
Après son meeting à Villepinte, la situation de Ségolène Royal dans les intentions de vote est
paradoxale : elle progresse nettement au premier tour (+ 3 points), essentiellement aux
dépens des quatre candidats positionnés sur sa gauche (Arlette Laguiller, Olivier Besancenot,
Marie-George Buffet, José Bové), dont le total passe en quelques jours de 11 à 9 points.
Sa progression est nette parmi les salariés (29%, + 5 points), plus particulièrement parmi les PCS + (28%, + 9 points). Son score demeure identiquement marginal parmi les
sympathisants de droite (3%), mais devient très majoritaire parmi ceux de gauche (63%, +
13 points). Cette poussée se fait essentiellement parmi les partisans de l’extrême-gauche ou
des Verts.
Tandis que François Bayrou conforte le score de 14% déjà enregistré la semaine passée,
malgré une nette décrue parmi les sympathisants de gauche, Nicolas Sarkozy affirme encore
davantage son hégémonie sur son camp (35% des intentions de vote exprimées, et 58%
parmi les seuls sympathisants de droite). A l’inverse, Jean-Marie Le Pen marque le pas (10%,- 2 points).
Au second tour, la gauche mieux rassemblée est cependant encore plus dominée par le
candidat de droite, l’écart des intentions de vote passant de 4 à 6 points par rapport à la fin
de la semaine précédente. Cette contre-performance est notamment due aux moins bons
reports de voix des électeurs ayant choisi au premier tour François Bayrou ou bien un
candidat d’extrême-gauche.
En d’autres termes, Ségolène Royal a réussi à consolider sa candidature pour le premier tour, sans réussir pour l’heure à ramener à elle les électeurs ayant quitté la gauche pour le centre.
Plus de deux Français sur trois se disent favorables à la mise en place d’un gouvernement
mêlant gauche et droite (71%), idée réactualisée par la campagne de François Bayrou.
Cette idée, logiquement plébiscitée par les sympathisants de l’UDF (92%), l’est très
majoritairement aussi bien parmi ceux du Parti socialiste (73%) que de l’UMP (69%).
Il est à noter qu’elle suscite davantage d’adhésion dans les catégories moyennes ou aisées que parmi les milieux populaires (64% parmi les ouvriers).
Pour les deux tiers des Français, l’intention exprimée par François Bayrou d’essayer réellement une telle formule de gouvernement en cas de victoire à la présidentielle paraît digne de foi.