Bruxelles devait ouvrir mardi la voie à la fusion Suez-GDF

Par Bernard M.
Publié le 13 novembre 2006 à 17:07

Après avoir obtenu la semaine dernière le feu vert des parlementaires français à leur fusion, Suez et Gaz de France devraient décrocher mardi celui de la Commission européenne, l'une des dernières étapes avant la publication des bans.

Après six mois d'enquête, la Commission devait finalement annoncer mardi que les concessions accordées par les deux groupes ces derniers mois suffisent à préserver la concurrence sur le marché énergétique européen, selon une source proche du dossier.



Après avoir reçu notification du projet de fusion, en mai, la Commission avait jugé nécessaire d'ouvrir une "enquête approfondie", afin d'examiner minutieusement les sérieux problèmes de concurrence soulevés par ce rapprochement en France, mais surtout en Belgique.



Fin août, la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes avait communiqué à Suez et Gaz de France sa liste de "griefs" relevant notamment de sérieux problèmes de concurrence sur les marchés belges de l'électricité et du gaz.



Le rapprochement ferait en effet passer sous le même toit Electrabel, filiale de Suez à 99%, et la beaucoup plus petite SPE, deuxième électricien de Belgique, détenu à 25% par GDF.



Depuis fin août, les avocats des deux groupes ont donc travaillé d'arrache-pied pour concocter les remèdes les plus adaptés et décrocher la bénédiction de Bruxelles
Après d'âpres négociations, ils ont soumis à la Commission une première série de remèdes le 20 septembre, proposant notamment la cession des 25% de GDF dans la SPE, ainsi que des cessions en France dans les réseaux de chaleurs.



Satisfaite des remèdes concernant la France, Mme Kroes a jugé qu'ils ne suffisaient pas à préserver la concurrence en Belgique.



Le 13 octobre, elles se sont notamment engagées à abandonner la quasi-totalité de Distrigaz, à l'exception de contrats d'approvisionnement à long terme nécessaires pour sécuriser l'approvisionnement de la filiale belge de Suez, Electrabel.



Ces ultimes concessions ont permis aux services de Mme Kroes de rendre un avis favorable à la fusion, qui devrait être avalisé mardi à Strasbourg par l'ensemble des commissaires européens.



Bien que ces larges concessions, ainsi que les accords conclus entre Suez et le gouvernement belge, rendent la fusion beaucoup moins attractive pour GDF, le groupe gazier a fini par avaler la pilule.



Autre bonne nouvelle pour les deux entreprises: après une longue guérilla, le parlement français a définitivement adopté mercredi dernier le projet de loi sur l'énergie, prévoyant la privatisation de GDF en vue de sa fusion avec Suez.