Candidature de Sarkozy en attendant celle, probable, de Michèle Alliot-Marie
Publié le 30 novembre 2006 à 18:07
Nicolas Sarkozy pourrait affronter Michèle Alliot-Marie pour 2007, un cas de figure profitable aux deux: le ministre de l'Intérieur crédibiliserait sa candidature par un vrai débat au sein de l'UMP, sa collègue de la Défense renforcerait sa stature de gaulliste incontournable.
"Michèle chemine vers une candidature", a affirmé aujourd’hui Patrick Ollier, député et en même temps compagnon de vie de la ministre.
Après les primaires du PS et les débats télévisés entre les trois protagonistes socialistes, favorablement accueillis dans l'opinion publique, l'UMP a modifié sa stratégie, encourageant à son tour les candidatures internes, organisant trois forums, prévus eux aussi pour être retransmis par les deux chaînes parlementaires, LCP/Assemblée et Public Sénat.
Les plus de 300.000 adhérents de l'UMP seront ensuite appelés, durant une dizaine de jours, à voter par internet pour le candidat qui obtiendra le soutien (politique et financier) de leur parti à l'élection présidentielle.
Il ne fait quasiment aucun doute que M. Sarkozy, largement favori de tous les sondages auprès de l'électorat de droite, sortirait vainqueur d'une confrontation avec Mme Alliot-Marie.
"Tout le monde est gagnant", assure le député François Cornut-Gentille, qui voit "beaucoup d'avantages" à ce que Mme Alliot-Marie soit candidate.
D'abord parce que, "grâce à elle, le débat s'ouvre à l'UMP", estime-t-il, ensuite parce que la ministre, en tant que "gaulliste", peut "répondre à des attentes non satisfaites aussi bien dans le public que dans le parti".
François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy et promoteur du projet législatif de l'UMP, ne voit lui aussi "que des avantages" à ce qu'il y ait plusieurs candidatures" précisant d’ailleurs : "ça va obliger les candidats à débattre, et dégonfler les idées fausses sur Nicolas Sarkozy", affirme-t-il, en citant les accusations de "communautarisme" ou d'"atlantisme" des chiraquiens à l'encontre du président de l'UMP, qu'il qualifie de "mensonges".
Sinon, "on reste dans les ambigüités avec des forums de discussions entre Sarkozy et de vrais-faux candidats.
Il ne faut pas qu'on donne le sentiment d'être englués dans des débats internes.
Ce ne serait pas bien pour nous, après ce qui s'est passé au Parti socialiste", ajoute-t-il.
"Mais ceux qui disent qu'elle se met en position de force pour pouvoir négocier si Nicolas Sarkozy gagne, se trompent. C'est méconnaître les institutions de la Vème République. Or on en négocie pas avec un président de la République", met-il en garde.