Chic les soldes

Par Bernard M.
Publié le 09 janvier 2006 à 17:57

La chasse aux bonnes affaires commence mercredi dans la plupart des départements français, pour quatre à six semaines

Et cette ouverture se fait sur fond de polémique suite à la proposition faite dimanche dernier par le ministre de l'Economie Thierry Breton de multiplier les soldes pendant l'année au lieu de deux fois par an comme actuellement.



L'association CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) réclame pour sa part la "suppression" pure et simple des soldes "dans leur organisation actuelle et la possibilité d'organiser toute l'année des promotions sans formalités, ou à tout le moins de multiplier les périodes des soldes".



"Dans l'absurdité, on ne peut pas faire mieux. C'est absolument ridicule", a commenté lundi Charles Melcer, président de la Fédération nationale de l'habillement (FNH), qui regroupe près de 50.000 magasins indépendants.

Dans le commerce, on n'achète pas de la marchandise pour la vendre au même prix qu'on l'a achetée. Il faut bien qu'on fasse des bénéfices entre les soldes pour payer les loyers des boutiques, les salaires des vendeurs et les factures, a-t-il expliqué à l'Associated Press.



Robert Rochefort, le directeur général du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), n'est "favorable ni à l'une ni à l'autre" de ces propositions, de multiplier ou de supprimer les soldes.

On a en France deux périodes de soldes qui sont un rituel social, a-t-il déclaré lors d'un entretien téléphonique accordé lundi à l'Associated Press. Ca permet tout un tas de comportements qui sont très spécifiques aux soldes, comme acheter des produits de luxe par exemple.

Les soldes permettent en outre aux commerçants "d'écouler les invendus" et les magasins de vêtements réalisent 30% de leur chiffre d'affaires annuel durant ces deux périodes, a rappelé Robert Rochefort.

Augmenter la fréquence des soldes "déstabiliserait ce qui reste des ventes en dehors de ces périodes", a noté Robert Rochefort en ajoutant qu'il ne voyait "pas l'intérêt" de la suppression pure et simple des soldes.



En attendant que ces messieurs aient fini de débattre, tous sur les starting-blocks !