Choisir leur camp, en toute transparence
Publié le 31 octobre 2006 à 10:25
Vous êtes vous demandés pourquoi le troisième et dernier « débat » télévisé n’avait lieu que la semaine prochaine ? Sans doute ! Et la raison est simple : ce sont les vacances scolaires pour la Toussaint et les politiques comme les salariés des chaînes publiques, la LCP et Public Sénat, font le pont qui s’est transformé en viaduc.
Les publics visés en « cœur de cible » à savoir les militants socialistes appelés à voter ne seraient-ils pas, majoritairement, soir des enseignants, soit de « gros emprunteurs du temps libre » ?
Les sympathisants socialistes ont-ils en commun, avec les « cartés », c’est-à-dire ces militants appelés à voter pour donner l’investiture à l’un ou l’autre des candidats, beaucoup ou peu de points ?
Les primaires à gauche dans la formation la plus importante, compte tenu des propos et déclarations fratricides entendues ici ou là ces derniers jours sont elles, in fine, bienvenues dans le contexte de la Vème République que le chef de l’Etat, d’ailleurs, a rappelé dans une interview parue dans un grand quotidien alors que cette élection est une rencontre entre une personnalité et les français.
Sur le plan médiatique, c’est vrai, les RTT des candidats PS n’existent pas. Ils occupent tous les médias écrits et audiovisuels avec leurs déclarations à l’emporte-pièce et leurs petites phrases assassines.
Sur le plan de la méthode, cette pause de la Toussaint aura fait que la sournoise courtoisie d’apparence disparaisse au profit de meetings parallèles au cours desquels aucune précaution oratoire n’aura été prise par quiconque.
Mieux encore, la franchise n’est de mise qu’en dehors de la télévision publique qui, de manière étrange, s’arrogeât l’exclusivité de ces prestations des trois concurrents en lice ! Cela signifie deux choses essentielles pour le choix qui devra être fait d’abord par les militants PS puis par les électrices et les électeurs.
Primo, partir trop tôt tout en se permettant presque tout du fait que l’on caracole au faîte des sondages se paie, cher, au bout d’un certain temps.
Secundo, les bévues des deux potentiels hôtes de l’Elysée s’accumulent au même rythme d’ailleurs que l’agacement des françaises et des français à leur endroit pour s’en « taper » trop et – de facto – trouver ces deux personnages ‘too much’ ce qui laisse augurer des reports importants de voix vers les candidats alternatifs au premier tour, un schéma d’ailleurs validé par les instituts de sondage et les homes politiques eux-mêmes à commencer par François Bayrou et Jean-Marie Le Pen.
Laurent Fabius cloue au pilori sa « camarade » Ségolène de la même manière que José Bové résume l’inconscient collectif en traitant le ministre de l’Intérieur de « pompier pyromane ».
Il y aura encore moult réunions publiques d’ici le 1er tour de l’élection présidentielle et les curseurs vont forcément bouger par rapport aux clichés actuels.
Finalement, on en vient à regretter que ce débat interne au PS soit intervenu trop tôt pour laisser le choix et donc une totale liberté aux militants comme aux sympathisants de se déterminer plutôt que de soutenir, parfois par défaut, celle ou celui désigné trop tôt. On en vient à regretter que la messe soir déjà dite aussi dans le camp de l’UMP.
Bref, ces primaires et ces vrais-faux débats qui conduisent à obtenir le soutien des formations politiques qui n’auraient pas survécu sans les subsides de l’Etat remettent, très clairement comme par ailleurs largement le système de financement de la vie politique qui donne trop de moyens et de pouvoirs aux appareils, lesdits appareils étant par ailleurs paupérisés par le nombre de leurs cotisants.
Rien n’empêche « M. Tout le monde » ou la société privée « machin chose » de faire des dons et legs aux formations politiques comme d’ailleurs ils le font déjà pour les associations. Au moins ce serait plus sain et surtout plus clair puisque les personnes physiques, comme morales, auraient ainsi choisi leur camp, en toute transparence.
Mais pour parvenir à cela, il nous faudra, sans doute, attendre que soit ratifiée la VIème République …