Chômage : les chiffres ne sont pas bons
Publié le 28 février 2006 à 09:06
Le chômage enregistre en janvier sa première hausse depuis mars 2005
En janvier, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie 1 (immédiatement disponibles, à la recherche d'un emploi à durée indéterminée et à temps plein), qui sert de baromètre officiel, a augmenté de 0,7%, soit 16.300 chômeurs de plus.
Le nombre de chômeurs s'établit désormais à 2.326.900 personnes, selon les statistiques publiées mardi par le ministère de l'Emploi.
Le chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), calculé différemment, a lui aussi augmenté, de 0,1 point, pour atteindre 9,6% de la population active.
La hausse du chômage en janvier a touché la quasi-totalité des catégories de chômeurs, qu'il s'agisse des hommes (+0,9%) ou des femmes (+0,5%).
Le chômage de longue durée (demandeurs d'emploi inscrits depuis plus d'un an) a progressé de 0,7% et celui de très longue durée (chômeurs inscrits depuis plus de trois ans) de 0,8%.
Le chômage des plus de 50 ans a augmenté légèrement de 0,1%, seul le chômage des jeunes affichant un recul de 0,6%.
Les moins de 25 ans restent cependant la catégorie la plus touchée par le chômage : 22,8% des jeunes actifs sont à la recherche d'un emploi, contre 8,7% des 25-49 ans et 6,9% des actifs de plus de 50 ans.
La hausse enregistrée en janvier met un terme à neuf mois de baisse consécutifs, alors que le chômage avait entamé une importante décrue depuis avril dernier.
Après plusieurs années sombres, il était revenu fin 2005 à son plus bas niveau depuis trois ans, grâce à une baisse de 126.800 demandeurs d'emplois dans l'année.
Mais l'origine de cette embellie a provoqué une très vive polémique, alors que l'emploi salarié semblait au même moment stagner.
Syndicats et partis de gauche ont estimé que la baisse du chômage était liée aux premiers effets des départs en retraite de la génération du baby-boom et au "durcissement du contrôle" des chômeurs.
Pour le gouvernement, elle s'expliquait au contraire par le dynamisme de l'emploi dans les très petites entreprises - grâce aux services à la personne et au Contrat nouvelle embauche (CNE) -, dont les statisticiens cernent difficilement les évolutions.
Mais même s'il ne s'agit que d'un "incident de parcours", cette hausse tombe toutefois au plus mal pour le Premier ministre. Et pas que pour lui d'ailleurs !