Claire Nouvian de Bloom Association sera auditionnée sur la pêche profonde au Parlement Européen le 19 février prochain

Par Bernard M.
Publié le 24 janvier 2013 à 09:43

Claire Nouvian s’est engagée corps et âme dans la protection des océans profonds, qui représentent 64% de la planète, lorsqu’elle a découvert en 2001 le massacre environnemental perpétré par les filets de pêche à grandes profondeurs (jusqu’à 1800 mètres). L’auteure du livre à succès Abysses (Fayard, 2006) et la commissaire de l’exposition du même nom (Muséum d’Histoire naturelle de Paris, 2007) s’est alors juré de mettre fin aux méthodes de pêche destructrices, notamment le « chalutage profond » qui racle les fonds marins et ne laisse aucun survivant dans son sillage. Claire Nouvian a fondé il y a huit ans l'association BLOOM qui vise à restaurer la productivité des océans à leur pleine capacité et à maintenir les équilibres socio-économiques qui en dépendent. Elle décrit l’année 2013 comme « une année historique » pour les océans profonds car la Commission européenne vient de proposer l’interdiction du chalutage profond, reconnaissant ainsi cette pratique comme une aberration environnementale et économique (les flottes de pêche ne contribuent pas à la sécurité alimentaire mais reçoivent pourtant des subventions publiques substantielles, qui ne les empêchent pas d’être déficitaires). « En comparaison de ce que l’on fait subir aux océans profonds dans le monde, la déforestation de l’Amazonie est une affaire d’enfants de chœur » commente la Femme en Or de l’environnement, « mais à la différence de la forêt, il est impossible de filmer ce qui se passe à de si grandes profondeurs. La destruction des océans profonds se fait donc dans le dos des citoyens » souligne Claire Nouvian. "Nous verrons si les élus européens comprennent l'importance de cette fenêtre de tir politique : c'est en 2013 ou jamais que nous décidons de l'avenir des océans profonds. Si nous ne réussissons pas à voter un règlement à l'influence mondiale parce qu'il gêne les intérêts d'une seule société (Intermarché) et six de ses navires, quel espoir peut-on avoir pour d'autres sujets environnementaux aux enjeux industriels plus conséquents ?" questionne Claire Nouvian, qui rappelle que la France perd de vue sa mission de défense du bien commun lorsqu'elle protège les intérêts d'une chaîne de supermarchés contre l'intérêt des Français. Devenue porte-parole de ces milieux vulnérables, Claire Nouvian se bat pour protéger les victimes silencieuses des navires de pêche industrielle. « Aujourd’hui, seule la France a pris ouvertement la défense d’une méthode de pêche détruisant des coraux multimillénaires et toutes sortes d’espèces excessivement fragiles, y compris des éponges ou d’autres organismes renfermant 1001 secrets biologiques, pharmaceutiques et médicaux qui pourraient bénéficier à l’humanité entière » précise Claire Nouvian. « Et cela en totale contradiction avec les engagements pris par la France devant la communauté internationale, pas plus tard qu’à Rio+20 par François Hollande. »