Congrès des maires : un rendez-vous majeur à six mois de la présidentielle
Publié le 22 novembre 2006 à 08:09
A six mois de la présidentielle, le congrès de l'Association des maires de France (AMF), qui s'ouvre mardi à Paris, s'annonce comme un rendez-vous politique majeur avec l'intervention de Jacques Chirac, pour la première fois depuis 2001, et la venue de plusieurs présidentiables.
Pas moins de 17 membres du gouvernement doivent y participer
Ce 89e congrès, qui devrait rassembler pendant trois jours de 10.000 à 15.000 maires Porte de Versailles, sera l'occasion pour les états-majors de prendre le pouls des élus de terrain, et des attentes des habitants de leurs communes, à la veille d'une série de scrutins majeurs.
Signe de l'intérêt accru que les politiques accordent à ce rendez-vous annuel, Jacques Chirac a répondu positivement à l'invitation du président de l'AMF Jacques Pélissard (UMP).
M. Chirac, qui ne s'est pas exprimé devant le congrès des maires depuis novembre 2001, année précédant sa candidature et sa réélection à l'Elysée, prononcera l'allocution d'ouverture en lieu et place du Premier ministre, à qui revient traditionnellement cette tâche.
Dominique de Villepin pourrait participer au débat sur la cohésion sociale, prévu mercredi.
Autre intervention attendue: celle de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et, à ce titre, des collectivités locales. Il clôturera le congrès, conformément à la tradition.
Pas moins de 17 membres du gouvernement doivent participer, durant les trois jours, à la vingtaine de débats et tables-rondes programmés.
Des présidentiables seront là: François Bayrou (UDF) qui organise une réunion mardi, Jean-Pierre Chevènement (MRC).
Le PS et les jeunes socialistes ont prévu d'organiser un rassemblement Porte de Versailles pour protester contre le projet de loi Sarkozy sur la prévention de la délinquance et réclamer "la mise en œuvre d'une politique globale et durable dans les quartiers".
Ce projet de loi, loin de faire l'unanimité chez les maires dans sa forme actuelle, fera d'ailleurs partie des nombreux dossiers débattus par les congressistes.
S'ils acceptent d'être les pivots des actions de prévention dans leurs communes, les maires sont bien plus réticents à se voir confier un rôle de répression normalement dévolu aux juges.
Le thème du congrès "le maire au cœur de la République: un acteur au quotidien", leur permettra d'aborder d'autres sujets d'actualité liés à la défense du modèle républicain: laïcité et montée des communautarismes, égalité des chances entre territoires, services publics en milieu rural, cohésion sociale, développement durable...
Un sujet particulièrement cher au cœur du président de l'AMF, Jacques Pélissard, qui entend rappeler que "les maires n'ont pas attendu 2005 ou 2006 pour faire du développement durable sur le terrain, en dehors des plateaux de télévision".
En attendant la publication en décembre du rapport du Conseil économique et social sur le sujet, ils plaideront une nouvelle fois pour "une réforme de fond" de la fiscalité locale.
Parallèlement au congrès se tient, du 21 au 23 novembre, le 11e salon des maires et des collectivités locales où les élus et décideurs locaux peuvent trouver tous les produits et services nécessaires à la gestion de leur commune. Près de 800 exposants y seront présents sur 55.000 m2 et 45.000 visiteurs y sont attendus.