Corinne Lepage sur la Conférence de Nagoya : "Les négociations sur la biodiversité sont aussi importantes que celles sur le climat"

Par Bernard M.
Publié le 28 octobre 2010 à 09:43

Alors que s’ouvre aujourd’hui le segment ministériel de la Conférence sur la biodiversité de Nagoya, Corinne Lepage rappelle l'importance d'arriver à des objectifs ambitieux et souligne la nécessité d'aboutir à un accord sur la biopiraterie.

Alors que s’ouvre aujourd’hui le segment ministériel de la Conférence sur la biodiversité de Nagoya, Corinne Lepage rappelle l'importance d'arriver à des objectifs ambitieux et souligne la nécessité d'aboutir à un accord sur la biopiraterie.

"Les négociations sur la protection de la biodiversité sont aussi importantes que celles sur le climat", indique Corinne Lepage. "Il faut cesser de considérer la dégradation de la biodiversité comme un dommage collatéral inévitable du développement économique. Notre santé tout comme notre économie sont tributaires de la bonne santé des écosystèmes. La Conférence de Nagoya doit aboutir à des objectifs ambitieux, qui devront cette fois rapidement se traduire par des politiques concrètes et efficaces, en premier lieu en Europe."

Pour Corinne Lepage, il faut évoluer vers une économie écologique, prenant en compte la valeur du capital naturel : "Allouer un financement suffisant à la protection de la biodiversité est un investissement pour le futur".

Corinne Lepage souligne également l'importance d'aboutir à un accord sur le partage des bénéfices issues de la biodiversité, condition d'un accord global pour les pays en développement : "Un accord sur le partage des bénéfices ne sera pas suffisant pour mettre un terme à la biopiraterie, à laquelle il faut s'attaquer en réformant le système européen des brevets, mais au minimum les pays du Sud doivent toucher une part des profits issus de l'exploitation de leurs ressources génétiques, c'est une question de décence. L'Union européenne doit accepter que cet accord soit rétroactif, comme le demande les pays du Sud."

Pour Corinne Lepage, il est également nécessaire de mettre en place un « GIEC » de la biodiversité et de développer une approche globale prenant en compte les liens entre perte de la biodiversité et réchauffement climatique.

La 10ème session de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP 10 CDP) réunit à Nagoya les représentants de 193 pays. La Conférence vise à freiner la perte mondiale de la biodiversité, à trouver des solutions de financement pour aider les pays émergeants à cet égard et conclure les négociations sur l'accès au ressources génétiques et le partage des avantages liés à leurs utilisation. Le segment ministériel, étape finale de la négociation, se tient du 27 au 29 octobre.