Coup d'envoi du tramway parisien
Publié le 15 décembre 2006 à 07:46
Après trois ans de travaux, l'équipement sera mis en service demain
Six ans après son inscription, par la droite, au contrat de plan Etat-région (2000-2006), et trois ans après les premiers coups de pioche, le tramway des Maréchaux au sud de Paris, le plus important chantier parisien depuis la construction du périphérique, doit être mis en service demain après son inauguration par le maire socialiste, Bertrand Delanoë.
Ce dernier aura réussi le tour de force de le faire fonctionner avant les municipales, marquant ainsi une fin espérée pour les riverains et les automobilistes d'années d'embouteillages et autres nuisances liées aux travaux. « Il y a eu une chute de 70 % de la circulation avec ce chantier. Le trafic de transit s'est reporté sur d'autres itinéraires », indique-t-on à la mairie.
Ce tracé de 7,9 kilomètres entre le pont Garigliano (15e) et la porte d'Ivry (13e), comptant 17 stations, a été réalisé en un temps record, plus en termes administratifs que techniques. Car la municipalité, maître d'oeuvre avec la RATP, n'a toléré aucun temps mort aux différentes étapes du projet.
Ainsi, après le feu vert du commissaire enquêteur le 10 juin 2003, les travaux de déviation des réseaux (eau, gaz, électricité...) ont démarré deux jours plus tard : « La Ville a pris le risque d'engager les études, avant même les conclusions du rapport, afin d'être prête pour lancer l'opération », indique Ghislaine Geffroy, chef de projet tramway pour Paris.
Sa réalisation a été accompagnée d'une vaste opération de rénovation, avec un élargissement des trottoirs, le réaménagement de places devant le stade Charléty ou le Parc des Expos de Versailles et le plantage d'un millier d'arbres. Ce qui a alourdi encore la facture à un total de 321 millions d'euros.
100.000 voyageurs par jour
Après Nantes, Grenoble, Bordeaux, Caen ou Montpellier, la capitale a décidé de mettre en oeuvre ce nouveau système de transport - que les Parisiens ont pratiqué entre 1854 et 1937 - pour tenter de diminuer la pollution, en réduisant la place de la voiture.
Le tramway, qui circulera de 5 h 30 à minuit et demi, devrait transporter, selon les objectifs affichés, 100.000 voyageurs par jour (pour une capacité de 200.000), avec une rame toutes les quatre minutes aux heures de pointe. Aujourd'hui, 55.000 usagers utilisent sur le même trajet la ligne de bus PC, saturée aux heures de pointe.
La suppression de deux files de circulation et la priorité donnée au tramway aux carrefours, devrait provoquer une réduction de 25 % du trafic automobile selon la municipalité. « Cette baisse va représenter 300 véhicules de moins par heure et par sens sur 1.500, alors qu'il y en a 6.500 par heure et par sens sur le périphérique », insiste Ghislaine Geffroy.
Selon la RATP, 7 % d'automobilistes pourraient abandonner leur voitures pour ce nouveau mode de transport. « Les usagers seront constitués à 55 % de Franciliens et 45 % de Parisiens », indique Frédéric Dupouy, le chef de projet. Sur le trajet de vingt-quatre minutes, plus de 40 correspondances seront établies à terme avec 5 lignes de métro, 2 de RER, et 19 bus de banlieue.
Le financement
Contrat de plan (2000-2006)
Région : 81,32 millions d'euros
Etat : 50,76 millions d'euros
Ville de Paris : 49,3 millions d'euros
RATP (sur prêt bonifié de la région) : 32,73 millions d'euros
Requalification urbaine
Ville de Paris : 44,4 millions d'euros
Achat des rames
RATP : 52,8 millions d'euros
Equilibre du coût
de fonctionnement
STIF : 8,9 millions d'euros par an