Dans le Pas-de-Calais, en 'rassembleur', Fabius se positionne clairement à gauche

Par Bernard M.
Publié le 09 novembre 2006 à 13:13

A huit jours du vote interne des socialistes, Laurent Fabius a arpenté mercredi au pas de course le Pas-de-Calais en se présentant aux militants de la deuxième fédération PS comme le candidat d'"expérience" capable de "rassembler la gauche" pour gagner la présidentielle.

Veste et pantalon anthracite, cravate rouge clair, M. Fabius "en forme malgré un rhume", est venu là avant Ségolène Royal - qui sera à Lens samedi - et après Dominique Strauss-Khan, dans ce département dont le vote des 14.000 militants pèsera lourd lors du premier tour pour l'investiture le 16 novembre.



Dans ce département où le taux de chômage atteint 12,6%, le député de Seine-Maritime - constamment accompagné du président du Conseil général Dominique Dupilet- a revendiqué "une ligne clairement à gauche".



"On ne peut pas rassembler à gauche si on ne prend pas des positions clairement de gauche.



Et on ne peut pas gagner l'élection présidentielle, lorsque l'on est socialiste, si on ne rassemble pas la gauche", a-t-il prévenu.



"Il y a eu une énorme désillusion à la dernière présidentielle. Nous avons recueilli 12% des voix des ouvriers (...) La gauche ne peut pas gagner comme cela", a-t-il martelé.



Comparant le premier débat télévisé "un peu long, corseté", au deuxième "plus naturel", il s'est montré visiblement satisfait du dernier, mercredi, sur les questions internationales, "intéressant parce que c'est le cœur de la fonction de président de la République".



Pour mieux se différencier de ses rivaux, il rappelle son "expérience" comme Premier ministre, président de l'Assemblée nationale et ministre.



Etre président, c'est "incarner la République, la France, la grandeur de la France, et puis c'est quand même tourner la clé (du nucléaire) ou ne pas la tourner, donc il vaut mieux réfléchir".



Le candidat déroule son programme et adresse des piques à Ségolène Royal.



"Il faut mettre l'accent massivement aussi sur l'Education (...) Il ne faut pas rentrer du tout dans toutes ces histoires de supprimer la carte scolaire...".



Venu soutenir la candidate du PS pour une prochaine cantonale partielle à Calais, il défend avec vigueur les élus, en écho à la proposition de Mme Royal sur les jurys de citoyens: "les élus, c'est trop facile de tirer dessus (...) Faisons attention, notre démocratie est fragile".



"DSK a dit qu'il n'y avait plus d'ouvriers au PS. Ségolène veut faire du blairisme.



C'est heureux qu'il y ait un candidat le plus à gauche" estime M. Dupilet, le président du Conseil général.