De l'impact des éoliennes sur la santé

De l'impact des éoliennes sur la santé
Par Bernard M.
Publié le 20 avril 2006 à 10:22

L'académie de médecine s'inquiète du bruit produit par les aérogénérateurs : bruit, provocateurs de crises d'épilepsie, frayeur des bovins, fuite des oiseaux,...

Les industriels de l'éolien répliquent en produisant une contre-enquête.



Le 13 avril, le président du SER, André Antolini, a réagi à la publication d'une étude de l'académie qui s'est penchée, à la demande du ministère de la Santé, lui-même sollicité par une association anti-éolienne bretonne, sur "le retentissement du fonctionnement des éoliennes sur la santé de l'homme".



Dans cette étude publiée le 14 mars 2006, les sommités médicales ne retiennent qu'un grief contre les éoliennes : elles peuvent être bruyantes.



Un bruit qui, même "à des intensités modérées [...], peut entraîner des réactions de stress, perturber le sommeil et retentir sur l'état général". Les académiciens préconisent donc "par précaution", de ne pas construire d'aérogénérateurs "à moins de 1.500 mètres des habitations".



Considérant qu'il s'agit d'une attaque en règle contre le développement de l'éolien, le président du SER a brandi une contre-étude montrant que les aérogénérateurs sont des machines silencieuses : 100 décibels au niveau du rotor, 55 db au pied de l'éolienne et 35 db à 500 mètres d'elle, "soit le bruit d'une conversation à voix basse", insiste M. Antolini.



Et si les Français sont, dans les sondages, très favorables aux éoliennes, ils le deviennent beaucoup moins lorsqu'il s'agit de les ériger dans leur champ de vision. La polémique peut donc prendre de l'ampleur.



Or, le développement des éoliennes est rapide. Leur nombre a doublé, passant de 505 il y a cinq ans à 1.049 début 2006. Une politique encouragée par l'État qui cherche à multiplier les parcs pour satisfaire aux objectifs européens qui lui imposent de produire 21 % d'électricité verte d'ici à 2010, contre 16 % actuellement.



Une politique que critique le président de l'Apsa qui rappelle cette évidence : les éoliennes ne tournent que lorsque le vent souffle. Leur production par intermittence nécessite donc, pendant les périodes sans vent, la mise en route de centrales relais. Hors les seules à même de réaliser cette tâche sont celles qui fonctionnent aux énergies fossiles (charbon, fuel, gaz) très polluantes.



Le paradoxe de la politique éolienne, c'est qu'en l'état du parc, chaque nouvelle éolienne favorise potentiellement de nouvelles pollutions. Ce à quoi les partisans de l'électricité durable répliquent qu'il suffit d'implanter suffisamment d'éoliennes pour que les parcs compensent leurs défaillances entre eux.



On tourne en rond !