Découverte du plus ancien Homme moderne asiatique
Publié le 27 août 2012 à 11:53
Une équipe de recherche internationale1, co-dirigée2 par Fabrice Demeter, chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle (UMR CNRS/MNHN 7206) a mis au jour le crâne du plus ancien Homme moderne asiatique connu. Cette découverte exceptionnelle confirme l’ancienneté de la présence de l’Homme moderne en Asie au-delà de 60 000 ans et vient d’être publiée dans la revue PNAS du 20 août 2012 (première version). Le fossile original sera présenté à Paris fin septembre lors d’une conférence de presse au Muséum national d’Histoire naturelle.
Une équipe de recherche internationale1, co-dirigée2 par Fabrice Demeter, chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle (UMR CNRS/MNHN 7206) a mis au jour le crâne du plus ancien Homme moderne asiatique connu. Cette découverte exceptionnelle confirme l’ancienneté de la présence de l’Homme moderne en Asie au-delà de 60 000 ans et vient d’être publiée dans la revue PNAS du 20 août 2012 (première version). Le fossile original sera présenté à Paris fin septembre lors d’une conférence de presse au Muséum national d’Histoire naturelle. Des incertitudes entourent le moment de l’émergence et de l’implantation de l’Homme moderne en Asie du Sud-Est. Les données génétiques et archéologiques indiquent une migration rapide de l’Afrique en direction de l’Asie du sud vers 60.000 ans BP3. L’Asie du Sud-Est est remarquable par son absence de preuves fossiles concernant les premières implantations de l’Homme moderne. Le crâne qui a été découvert par Fabrice Demeter (MNHN) et ses collaborateurs a été mis au jour sur le site de Tam Pa Ling, dans le nord-est du Laos, dans un contexte stratigraphique sécurisé. La datation par radiocarbone et luminescence effectuée des sédiments est en faveur d’une datation minimum de 46.000 à 51.000 ans BP, alors que la datation directe par Uranium/Thorium des os indique un âge minimum de 63.000 ans. Le crâne présente une morphologie déjà tout à fait moderne dans ses caractères frontaux, occipitaux et maxillaires. Il se différencie également des humains archaïques de l’ouest de l’Asie dans ses caractéristiques temporales, occipitales et la morphologie dentaire. Le crâne de Tam Pa Ling est le témoin d’une population résolument moderne qui s’est déployée dans le Sud de l’Asie vers environ 60.000 ans BP. Contrairement au scenario admis jusqu’à présent qui voudrait que les Hommes modernes sortis d’Afrique auraient longé les côtes jusqu’en Asie du sud-est, le fossile de Tam Pa Ling atteste que d’autres voies migratoires au travers de régions difficiles d’accès, telle la Chaine Annamitique, ont aussi été empruntées. Il atteste également que des Hommes déjà aux caractères modernes ont quitté l’Afrique il y a plus de 60.000 ans, ce qui est en accord avec les données de la Paléo-génétique qui situent une sortie d’Afrique vers 70.000 ans BP. En tant que tel, il fournit la première preuve squelettique d’un Homme résolument moderne dans la partie continentale du Sud-Est asiatique qui, par son ancienneté est sans nul doute l’un des ancêtres des premiers australiens.