Forte augmentation des violences avec armes

Par Bernard M.
Publié le 08 juin 2006 à 10:49

Le nombre de violences commises avec armes en milieu scolaire est passé de 385 en 2003-2004 à 667 en 2004-2005, soit une augmentation de 73,25%, selon une étude de la Direction centrale des Renseignements généraux (DCRG) réalisée fin mai

Pour leur étude révélée dans le Monde de jeudi, les RG se sont appuyés sur plusieurs sources.

Tour d'abord les faits portés à la seule discrétion des chefs d'établissements, dans la base "Signa" de l'Education nationale, et puis ceux, autres, répertoriés par la Sécurité publique, ainsi que les informations fournies par leurs directions départementales.



L'étude des RG note que, si les "armes par destination tendent à se banaliser, en revanche, l'augmentation de la présence et de l'usage des armes à feu, à proximité ou dans les établissements, est préoccupante".

Selon, les auteurs, cela révèle "une porosité entre la rue et l'école".



Dans le détail, entre les deux années scolaires, le nombre d'armes à feu répertoriées comme ayant servi à ces violences est passé de 45 à 87, donnant lieu de 18 usages à 39, le nombre d'armes blanches de 160 à 239 et celui des armes par destination de 180 à 341.



Les actes de violences avec armes commis aux abords des établissements a augmenté, dans le même temps, de 70,49% (avec de 21 armes à feu à 41, de 18 usages à 28, de 45 armes blanches à 69 et de 43 armes par destination à 70).

Concernant ceux commis avec intrusion dans les établissements, ils ont marqué une hausse de 67,78% (avec de 13 à 12 armes à feu, de 3 à 6 usages, de 12 armes blanches à 39 et de 31 armes à destination à 56).



Globalement, ce sont les collèges qui ont enregistré le plus grand nombre de faits, tandis que leur plus forte progression (+ 107%) a été constatée pour les lycées.



Sur l'ensemble, l'implication des bandes a augmenté de 114,80%, (avec un) nombre de faits en hausse pour chaque type d'armes (multiplié par 5 pour les coups de feu), la présence d'armes par destination ayant littéralement explosé (+ 89,40%)", précisent les RG.



Enfin, ils relèvent quatre "critères récurrents dans l'analyse de (ces) violences: paupérisation des quartiers, hétérogénéité de la population, urbanisation massive engendrant une certaine ghettoïsation des quartiers".

Le ministère de l'Education nationale a expliqué qu'une note était rédigée chaque année sur les violences scolaires, sur la base des données du logiciel Signa que les chefs d'établissement sont invités à remplir.

Mais les chiffres du ministère sont très loin d'atteindre ceux des RG.



Par exemple, pour les actes de violence à l'école recensés dans Signa en 2004-2005, le ministère compte 40 cas précis de "port d'arme à feu" contre 42 l'année précédente (2003-2004), soit une légère baisse d'une année à l'autre.



Signa recense aussi pour 2004-2005, 1.651 cas de "violences physiques avec arme" contre 1.630 l'année 2003-2004.



Les actes de violence à l'école recensés par le logiciel du ministère durant l'année scolaire 2004-2005 font même apparaître une hausse globale de 1% seulement en un an alors que la violence avait augmenté de 12% l'année précédente.