François Bayrou lance l'UDF, le parti libre et se démarque de l'UMP
Publié le 29 janvier 2006 à 15:11
A quinze mois de l'élection présidentielle, François Bayrou a lancé dimanche l'UDF, rebaptisé "le parti libre", promettant aux Français "un projet d'espérance"
"Nous sommes là tous ensemble parce que nous avons choisi de changer la vie, la situation, le destin de notre pays", a déclaré le président de l'UDF devant les 3.000 militants du parti centriste réunis en congrès extraordinaire à Lyon.
"Nous avons fait le choix d'une formation politique qui assume sa liberté pour changer le destin politique de son pays. C'est avec fierté que nous avons pu aborder la nouvelle définition de l'UDF, l'UDF le parti libre", a lancé François Bayrou.
Sa stratégie d'indépendance a été approuvée à une écrasante majorité - plus de 90% - par les 31.000 adhérents du parti socialiste. Son seul contradicteur, Gilles de Robien, seul membre UDF du gouvernement Villepin, avait renoncé à se rendre à Lyon et à présenter une motion, dénonçant "une parodie de démocratie".
Pour François Bayrou, il n'est plus question de répondre aux questions sur l'appartenance ou non de l'UDF à la majorité UMP dirigée par le Premier ministre, Dominique de Villepin, ou à l'opposition menée par le Parti socialiste.
"La seule majorité qui nous intéresse, c'est la majorité de 2007, c'est la majorité que la France va se donner pour que son destin soit différent", a-t-il dit.
L'UDF, a-t-il martelé, est "une force nouvelle qui n'est pas entre l'UMP et le Parti socialiste mais qui s'oppose aux deux".
"Ce dont nous avons la charge, c'est l'espérance d'un pays qui avait depuis longtemps oublié le sens de ce mot", a-t-il dit. "C'est un moment juste parce que tous les épuisements de la France, toutes les usures se lisent à livre ouvert et se fait sentir une urgence, c'est qu'apparaissent des responsables résistants, rebelles, capables de ne céder à aucune pression".
Evoquant la présidentielle du printemps 2007, François Bayrou s'est engagé, à la différence de Jacques Chirac, à ne pas faire "la moindre promesse électorale".
"Nous avons 18 mois pour donner à ce projet d'espérance pour la France et les Français le visage qui sera le sien quand les échéances approcheront", a dit le président de l'UDF, pour qui "quelque chose a commencé à Lyon".