François Fillon sur l'affaire Clearstream
Publié le 09 mai 2006 à 12:10
Le sénateur UMP de la Sarthe François Fillon a estimé mardi qu'"on ne peut pas diriger le gouvernement avec un doute pareil qui pèse sur soi" dans l'affaire Clearstream et a déconseillé au ministre de l'Intérieur d'aller à Matignon
"Il y a un doute qui pèse sur cette affaire Clearstream qui est quelqu'un qui a utilisé des moyens détournés pour essayer de disqualifier Nicolas Sarkozy dans la compétition à l'Elysée", a-t-il avancé sur France-Inter. C'est "quelqu'un qui n'avait sans doute pas beaucoup d'éthique, qui doutait de son talent pour affronter Nicolas Sarkozy à la loyale".
Le conseiller politique du président de l'UMP "ne croit pas qu'on puisse rester très longtemps dans cette situation : le président de la République va devoir prendre une décision qui ramène de la sérénité, du calme dans le fonctionnement de l'équipe gouvernementale". "Il faut lever ce doute".
"Ou le Premier ministre est en mesure d'apporter des preuves irréfutables que cette affaire a été montée de toutes pièces et qu'il n'y est pour rien, ou bien il faudra que le président tire les conséquences de cette situation et change son Premier ministre", a jugé l'ancien ministre de l'Education.
Avec l'affaire Clearstream, "ce n'est pas le gouvernement qui n'a plus de crédit, le soupçon ne pèse pas sur le gouvernement mais sur une personne: le doute n'est pas levé sur sa responsabilité", a-t-il souligné. "Dans un pays démocratique normal, le changement de gouvernement serait déjà intervenu".
Interrogé sur la possibilité de voir Nicolas Sarkozy à Matignon, François Fillon a reconnu qu'il "préférerait voir Nicolas Sarkozy mener sa campagne sur son projet plutôt que gérer les affaires courantes du pays".
C'est "une mission qu'on ne peut accepter qu'à certaines conditions: dans la Ve République, le patron, c'est le président", a-t-il rappelé. "Aller à Matignon pour mettre en oeuvre sa politique, ce n'est possible que si le président l'accepte".
Le ministre de l'Intérieur "a dit depuis longtemps qu'il était favorable à une rupture dans la manière de gouverner, un changement profond sur le plan politique: est-ce qu'il peut mener cette rupture et ce changement avec le président? Cela ne me paraît pas aussi évident que cela", a conclu François Fillon.