Fusions de GDF et Suez : le PS dit vouloir tout faire pour s'y opposer

Par Bernard M.
Publié le 19 juin 2006 à 15:04

Le Parti socialiste "fera tout", notamment au parlement, pour que le gouvernement renonce à faire voter la fusion de Gaz de France et de Suez, a déclaré cematin lundi 19 juin son porte-parole Julien Dray

Dans son allocution, M. Dray a notamment déclaré : "on peut faire une session extraordinaire simplement pour essayer de faire passer un projet concernant la fusion des deux entreprises. S'il faut siéger, nous siégerons et les parlementaires socialistes seront là le temps qu'il faut. Si, après, le gouvernement veut faire passer son projet avec l'article 49.3, il en portera la responsabilité".



Cela a le mérite d'être clair !



En outre, il a qualifié de "mauvais projet" l'idée de fusionner GDF et Suez car, selon lui, "la menace de l'italien Enel n'existe pas (...) et la direction de Suez essaie de montrer qu'il existe un consensus à l'intérieur de l'entreprise, ce qui n'est pas vrai".



Bref, pour Julien Dray, il s'agit d'"une opération de sauvetage de Suez et de privatisation de Gaz de France".



"Et cela n'est pas acceptable", a-t-il encore ajouté.




S'adressant directement au PDG de Suez, M. Gérard Mestrallet, qui a insisté au cours du week-end pour que la fusion ait lieu, le député de l'Essonne a affirmé que "celui-ci devrait savoir qu'en physique comme en politique, le maniement du gaz peut être explosif".



Il a même été plus loin, estimant que si le président de l'UMP,Nicolas Sarkozy, était "silencieux" sur ce dossier, c'est, "non pas à cause d'une opposition de fond mais en raison de "la difficulté qu'il a de faire passer ce projet auprès de sa majorité parlementaire car beaucoup de députés UMP savent que la résistance est forte".



"Il y a une très forte inquiétude de la part de beaucoup de députés quant à la possibilité d'une explosion sociale, qui partirait d'un conflit et se généraliserait, tant le gouvernement est discrédité".



Les prédicats de l'élu de l'Essonne sont possibles et ancrés sur une réalité que l'on nous dissimule volontiers. En revanche, si le PS, en s'arcboutant sur une volonté politicienne de ne pas faire aboutir un projet industriel mais donnant raison à M. Mestrallet, qui serait alors "avalé" par lez groupe italien Enel, faisant de ce fleuron français une nouvelle victime de la mondialisation etdes OPA hostiles, alors là, du coup, MM. Dray et Hollande porteraient une lourde responsabilité.



Un jeu de Go, en quelque sorte ...