GDF Suez : prolongation nucléaire à la sauce belge

Par Bernard M.
Publié le 27 octobre 2009 à 12:55

Le 22 octobre 2009 par Ana Lutzky
La prolongation de la durée de vie de trois centrales nucléaires est sur le point d’aboutir. Principale nouveauté de l’accord entre GDF Suez et le gouvernement belge, le financement par le gazier de la recherche sur la très stratégique transmutation.

Le 22 octobre 2009 par Ana Lutzky

La prolongation de la durée de vie de trois centrales nucléaires est sur le point d’aboutir. Principale nouveauté de l’accord entre GDF Suez et le gouvernement belge, le financement par le gazier de la recherche sur la très stratégique transmutation. Selon les médias belges, l’accord a été signé hier soir, à l'issue d'un Conseil des ministres restreint. Selon les agences françaises, il le sera aujourd’hui, après la séance de questions au parlement cet après-midi. L’effet reste le même : GDF Suez et le gouvernement se sont mis d’accord sur une convention réglant les modalités de la prolongation du nucléaire en Belgique. L'accord reprend les éléments annoncés la semaine dernière par l’Usine Nouvelle.com dans le cadre de l'élaboration du budget : une rente annuelle de 215 à 245 millions jusqu'en 2014, le recrutement de 10.000 personnes, l'accélération des investissements dans le renouvelable, des investissements en R&D, le maintien de centres de décisions en Belgique de la part de GDF Suez, en échange d'une prolongation de dix ans de la durée de vie des trois plus vieux réacteurs nucléaires du pays de la part du gouvernement, accompagnée de l'instauration d'un Comité de suivi.



Transmutation et Pax Electrica



Des éléments neufs se sont néanmoins invités au programme. En particulier, la garantie par GDF Suez d'un investissement de 500 millions d'euros dans les technologies d'élimination des déchets nucléaires. A Mol, en Belgique, le réacteur expérimental Myrrha est en effet utilisé dans la recherche sur la transmutation. Il s'agit d'un processus de transformation d'un isotope radioactif, comme le plutonium, en un autre en le bombardant de neutrons, ce qui réduit la durée de vie des déchets nucléaires à seulement quelques décennies. Une recherche des plus cruciale, alors que le nucléaire a le vent en poupe et que les principaux exploitants songent pour l'instant à enterrer leurs déchets à vie longue, pour plus une durée supérieure à 100.000 ans.



Cette somme viendrait au bon moment mettre un point d'orgue à la dispute entre l'énergéticien et le gouvernement sur quelques impayés. Plusieurs versements restent en effet contestés: l'un de 250 millions d'euros pour l'année 2008, qui a déjà été payé, et deux autres du même montant pour 2009, dont l'un est destiné à alimenter un fonds pour les énergies renouvelables. Les producteurs d'électricité ont même déposé un recours auprès de la Cour constitutionnelle belge pour contester la légalité du versement de 2008, et dans des propos rapportés la semaine dernière, le PDG de GDF Suez Gérard Mestrallet affirmait ne pas vouloir verser les 500 millions d'euros réclamés pour 2009. Mercredi, le ministre belge de l'Energie Paul Magnette avait alors contre-attaqué en indiquant qu'un texte pourrait être voté pour donner à ces paiements force de loi. Ce jeudi, les armes semblent avoir été enterrées. Mettre les 500 millions au service de la transmutation de la part de GDF Suez, et le tour est joué.



Last but not least dans cet accord en cours de finalisation : le maintien d'un cadre normatif stable (Pax Electrica). Le Premier ministre belge Herman Van Rompuy défend aujourd'hui cet accord devant le Parlement.