Gaz de France : le gouvernement se donne un mois pour régler le sort de l’entreprise
Publié le 24 mai 2007 à 09:25
Le gouvernement s'est donné un peu plus d'un mois pour régler le sort de GDF, laissant toutes les options ouvertes, de la fusion avec Suez lancée début 2006 à une alliance avec l'autre opérateur historique EDF, sans écarter un rapprochement avec le producteur algérien Sonatrach
… a déclaré mercredi le Premier ministre François Fillon, fixant l'échéance à "fin juin, début juillet".
"L'idée de la fusion GDF-Suez est une idée valable et que je ne rejette pas", mais "il y a d'autres options" et il n'y a "pas urgence à décider", a-t-il jugé sur Europe 1.
La fusion entre le groupe d'énergie et d'environnement Suez et Gaz de France, repoussée au 1er juillet par le Conseil constitutionnel, date de l'ouverture totale des marchés de l'énergie à la concurrence, est toujours suspendue à la signature par Matignon du décret de privatisation de GDF.
Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait évoqué un partenariat entre GDF et Sonatrach pour sécuriser l'approvisionnement en gaz de la France, son entourage parlant de la création d'un "grand groupe gazier euro-africain".
Sonatrach a cependant coupé court en jugeant un tel projet "économiquement irréalisable et politiquement incorrect".
"Je ne pense pas que ce soit avec Gaz de France (...) que les choses doivent se passer", avait déclaré son directeur général Christophe de Margerie.
Quant à une alliance avec EDF dans le cadre d'un pôle public de l'énergie, prônée pendant la campagne par la candidate socialiste Ségolène Royal, elle avait été rejetée tant par le PDG de l'électricien, Pierre Gadonneix, que par le gouvernement Villepin.
Introduits en Bourse en 2005, les deux groupes restent majoritairement détenus par l'Etat français, à plus de 87% pour EDF et plus de 80% pour GDF.
Le PDG de GDF, Jean-François Cirelli, a réaffirmé mercredi lors de l'assemblée générale des actionnaires du groupe que cette fusion restait "le projet le plus adapté pour Gaz de France" et permettrait la création d'un "grand énergéticien mondial". Il permettra à Gaz de France "de croître plus vite dans certaines activités, notamment l'électricité", a souligné M. Cirelli.
Dans le nouveau gouvernement, ce dossier sensible reste confié au ministre de l'Economie Jean-Louis Borloo, mais le ministre de l'Ecologie Alain Juppé "aura son mot à dire", a dit M. Fillon.