Génocide rwandais : MAM déclassifie 105 notes de la DGSE
Publié le 02 novembre 2006 à 14:17
La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a décidé de déclassifier totalement 105 notes de la DGSE à la demande du magistrat qui instruit à Paris quatre plaintes de rescapés du génocide de 1994 au Rwanda visant le rôle de l'armée française, a-t-on appris jeudi au ministère de la Défense.
Mme Alliot-Marie, précise-t-on, a suivi l'avis de déclassification de ces documents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, services secrets) rendu par la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) et qui sera publié prochainement au journal officiel.
La ministre rend ainsi ces documents accessibles à Florence Michon, seul magistrat instructeur au tribunal des armées de Paris (TAP) qui juge les infractions commises hors du territoire par les militaires français.
En février 2005, six personnes, membres de la minorité tutsie du Rwanda, âgées de 25 à 39 ans, ont porté plainte contre X pour "complicité de génocide et/ou complicité de crime contre l'humanité" devant le tribunal aux armées de Paris (TAP).
Les six plaignants accusent en effet des militaires français d'avoir, lors du génocide de 1994, commis des viols, des meurtres, et laissé des miliciens hutus enlever des réfugiés dont ils avaient la protection.
Or l'armée française a vivement rejeté ces accusations
En décembre 2005, le parquet du TAP a ouvert une information judiciaire contre X pour complicité de génocide.
Le ministère public avait alors écarté quatre des six plaignants considérant qu'ils n'avaient pas subi de "dommages directs et personnels résultant des infractions dénoncées".
En mai, la cour d'appel de Paris est allée à l'encontre du parquet du TAP confirmant la recevabilité de quatre des six plaintes.