Google en conquistador, Microsoft sur la défensive

Par Bernard M.
Publié le 16 juillet 2009 à 09:39

Mardi dernier, le numéro 1 des moteurs de recherche annonçait, à la surprise générale, le lancement en 2010 de Chrome OS, un nouveau système d’exploitation, gratuit, destiné aux netbooks, ces mini portables low-cost dont les ventes ont explosé ces deux dernières années.

Mardi dernier, le numéro 1 des moteurs de recherche annonçait, à la surprise générale, le lancement en 2010 de Chrome OS, un nouveau système d’exploitation, gratuit, destiné aux netbooks, ces mini portables low-cost dont les ventes ont explosé ces deux dernières années. En tous cas dans un premier temps. Pour l’instant, Chrome est avant tout un navigateur web tout à fait novateur proposé par Google depuis septembre 2008 qui se veut concurrent à la fois d’Internet Explorer, de Firefox et de Safari.

Google revendique 30 millions d’utilisateurs actifs dans le monde ce qui ferait de ce nouveau venu un acteur de taille suffisante pour ébranler l’écosystème même si avec ce nombre impressionnant la part de marché de Chrome n’avoisinerait que les 3%.



«Google largue une bombe atomique sur Microsoft»

«Pas mal pour un navigateur lancé il y a moins d’un an» a indiqué Michael Arrington, fondateur du site spécialisé Techcrunch, et qui est à l’origine de cette analyse à l’emporte-pièce.



Que reste-t-il de la stratégie de Microsoft pour accusé de position dominante ?

On le sait, jusqu’ici le marché des systèmes d’exploitation d’ordinateurs s’est souvent résumé, d’ailleurs un peu hâtivement, à une bataille opposant Microsoft et Apple, ou plus concrètement Windows et Mac OS.

Mais l’analyse est un peu courte car c’est faire ainsi peu de cas des solutions alternatives, open source, de type Unix / Linux même si encore aujourd’hui les chiffres justifier le raccourci puisque 90% des ordinateurs dans le monde fonctionnent sous une version de Windows et environ 5% sous Mac OS. Pour le reste, il y a une myriade de distributions qui, ensemble, arrivent péniblement à se tailler les 5% restants et encore, ce sont que des ersatz des Linux et autre dérivés.



Pour se frotter à l’hégémonie de Microsoft, Il fallait en avoir et Google, visiblement, en a !

Il faut dire aussi que Microsoft a été tellement et si régulièrement taclé pour sa position dominante et sa politique de vente liée que le pari était assez facile pour peu que l’on ait quelques moyens techniques, humains et financiers. C’est justement le cas de Google qui a fait exactement le chemin inverse de Microsoft, le premier partant du Web pour asseoir ses positions et l’autre tentant, péniblement, d’asseoir les siennes sur l’Internet qui explose.



Chrome OS : une mariée un peu trop belle ?

Bref, sur le blog officiel de Google, Chrome OS est présenté – avec une certaine prétention - comme «une tentative de repenser ce que les systèmes d’opération devraient être». Et pan ! Un ange passe … En revanche, pas un mot sur ce nouveau système d’exploitation qui viendrait concurrencer Windows sur ses terres ou presque puisque la seule information donnée est qu’il sera centré autour du Web et surtout d’applications uniquement proposées uniquement en ligne, en open source, en clair un modèle économique nouveau qui est celui de l’abonnement, un peu comme les opérateurs de téléphonie mobile. L’OS et/ou le terminal est (presque) gratuit mais les services, en ligne, sont facturés et vous êtes pieds et poings liés par des périodes d’engagement.

Chrome OS sera bien sûr basé sur l’architecture Linux comme cela l’a d’ailleurs été annoncé (inutile de réinventer la poudre) et sera «rapide, simple et sûr» selon Google. En outre, par son positionnement open source, le futur OS sera modifiable par toute personne motivée et suffisamment compétente, Google jouant là finement la carte de la modestie assurant «avoir besoin de ces passionnés et volontaires pour accomplir cette vision».



«Les systèmes d’exploitation actuels ont été créés à une époque où le Net n’existait pas»

Le concurrent Microsoft est implicitement visé quand Google déclare pourtant cette évidence qui, depuis longtemps, aurait du faire réfléchir la firme de Bill Gates qui au passage en prend pour son grade puisqu’il est question de longues heures passées à «configurer les machines pour installer de nouveaux matériels ou encore à s’occuper des constantes mises à jour de logiciels».



Il n’y a pas de hasard

La date de l’annonce n’a en effet pas été choisie au hasard puisque Microsoft, la semaine prochaine, tiendra à la Nouvelle Orléans sa Worldwide Partner Conference, sans doute le plus grand raout où de nouvelles informations sur Windows 7 y seront dévoilées, un système d’exploitation, successeur de Vista, le plus gros raté de la firme. Or Windows Seven sortira en octobre. C’est là où le hasard prend une dimension calculée…



Une Gazelle en gestation

Ceci dit, une rumeur persistante circule et concerne un projet qui serait en développement dans les laboratoires de recherche de Microsoft : il s’agirait d’un tout nouveau navigateur web, lui aussi aux fonctions similaires à celles d’un système d’exploitation, répondant justement au nom de code de « Gazelle ». La jungle du Net n’a pas fini de nous étonner…