Grippe aviaire: le gouvernement saisit l'Afssa
Publié le 09 octobre 2005 à 21:41
Le gouvernement a saisi l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) après l'alerte donnée, vendredi, par la Roumanie sur de possibles cas de grippe aviaire chez des canards.
Les ministres de l'Agriculture Dominique Bussereau et de la Santé Xavier Bertrand ont demandé à l'Afssa de "mener une enquête" sur la possibilité que les centaines de volailles roumaines, suspectées d'avoir contracté la grippe aviaire, aient été contaminées par le virus H5N1.
Pour cela, l'Afsaa va donc prendre langue avec le laboratoire britannique de Pirgright, chargé d'examiner, au nom de l'Union Européenne, les échantillons des animaux suspects.
Car la Roumanie est en voie d'adhésion à l'UE ...
Or, si ces cas étaient confirmés, l'Afssa se verrait contrainte de faire des recommandations supplémentaires au gouvernement et notamment pour les élevages français, ce qui crée, par avance, émoi et inquiétude chez les professionnels.
En effet, le 25 août denier, l'Afssa, déjà sollicitée par le gouvernement, avait estimé que le risque immédiat, en France, de contamination par les oiseaux migrateurs des poulets d'élevage en plein air était "faible". Avec un bémol cependant car il s’agissait, selon le rapport, d’un un "avis partiel et préliminaire" (sic).
L'agence avait alors recommandé de renforcer la surveillance en menant des études complémentaires : elle avait notamment insisté sur les conditions à venir d’études dans ce domaine et en particulier "sur une plus large palette d'espèces d'oiseaux migrateurs incluant les canards déjà partiellement étudiés" qui en toute logique devrait être prise en considération de même qu’"en prenant aussi en compte les migrations de printemps au retour d'Afrique" en 2006.
Certains appellent cela botter en touche, d’autres le principe de précaution. Question de langage …
Bref, une "attention particulière" devait être portée aux élevages fermés utilisant comme eaux de nettoyage et/ou d'abreuvement celles provenant des plans d'eau où se posent justement les oiseaux migrateurs.
Pour la France - premier producteur de l'UE et 3ème exportateur mondial - environ 20% des 90 millions de volailles présents en moyenne dans les élevages français sont cependant élevées en plein air.
La FAO, dont le siège est à Rome, avait estimé le mois dernier à 100 millions de dollars les investissements nécessaires à la lutte contre la grippe aviaire dans les trois prochaines années.
Pour l’instant, il est vrai que le virus H5N1 de la grippe aviaire touche surtout les volailles dans dix pays d'Asie du Sud-est.
Et pourtant ! Il a infecté jusqu'à présent 112 personnes : une soixantaine est déjà décédée, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de quoi bien logiquement susciter craintes et légitimes interrogations.