« Il faut dans un premier temps établir un diagnostic partagé avec les collectivités sur l’évolution de la dépense publique »
Publié le 01 février 2010 à 16:36
Invité de l'émission "Le Grand Jury" sur RTL dimanche 24 janvier 2010, Éric Woerth, ministre du Budget et des Comptes publics, a précisé qu'il s'agissait tout d'abord de dresser un diagnostic partagé sur la dépense publique et de «purger le malentendu entre l'État et les collectivités locales sur la compensation des transferts de compétence» alors qu’il était interrogé sur le contenu et les objectifs qu'assigne le gouvernement à la conférence sur les déficits publics qui se tiendra jeudi 28 janvier à l'Elysée.
Rediscuter des modalités de compensation de certains transferts
Sur ce sujet, il devait d'ailleurs admettre qu'il faudra très certainement rediscuter des modalités de compensation de certains transferts et a déclaré que le gouvernement était prêt à réexaminer le système de compensation des passeports biométriques.
Selon Éric Woerth, pour ramener le déficit à 3% de PIB en 2013, il faudrait gagner 5 points de PIB, soit 100 milliards d'euros ! Si la moitié lui paraît être un objectif réaliste, il sait qu’il lui échoit de trouver l’autre et pour cela les solutions sont peu nombreuses : soit endiguer la progression de la dépense publique en la réduisant de moitié au moins, soit si nécessaire ramener la progression des dépenses d'assurance-maladie à «2% par an» (à comparer aux 3% de l’objectif 2010).
Prônant une meilleure gestion locale ….
… alors qu’il accuse les collectivités locales, dont les dépenses «galopent de 6% par an», de ne pas regarder à la dépense, pour le ministre, la progression « normale » serait à contenir dans une fourchette raisonnable de «2% ou 3%, c'est-à-dire «pas plus vite que l'inflation».
Enfin, M. Woerth a stigmatisé les dépenses de fonctionnement des collectivités locales, rappelant que l'État ne remplaçait pas un fonctionnaire sur deux prenant sa retraite alors que, de leur côté, les collectivités locales continuent de recruter. Massivement. Alors qu’elles devraient, selon lui, « commencer à faire diminuer le nombre de fonctionnaires».