Jacques Bompard ne ménage pas le Front national
Publié le 11 avril 2006 à 14:05
Aujourd'hui cadre du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, Jacques Bompard, maire d'Orange et conseiller général du Vaucluse, règle ses comptes avec Jean-Marie Le Pen
Cette fois le réglement de compte se fait via son site Internet (esprit-public.info) où il a mis en ligne, le 10 avril, un ouvrage intitulé "Le Pen contre le FN", véritable réquisitoire contre le président du Front national.
"Alors que jamais les réalités quotidiennes n'ont autant donné raison au FN, ce mouvement est incapable de capitaliser les intérêts électoraux de trente ans de combat.
Moins d'adhérents, ô combien moins de militants, moins de cadres, beaucoup moins d'élus régionaux et municipaux", continue-t-il. A qui la faute ?
A Jean-Marie Le Pen et son "régime monarchique", répond M. Bompard.Bien que militant du FN de 1972 à 2005 et membre du bureau politique (BP) pendant dix ans, Jacques Bompard découvre que "la liberté n'existe pas" au sein de ce parti.
Un "militant", affirme-t-il, ne peut "s'exprimer sans risquer les foudres de sa hiérarchie", la "parole" est "interdite" dans les congrès, et les nominations des cadres comme des candidats aux élections sont le "fait du prince" : "une pensée unique règne au service de l'intérêt d'un seul homme et de sa clientèle."
M. Bompard reproche aussi au fondateur du Front National d'avoir "épuisé" le parti dans les batailles présidentielles, au mépris de l'implantation locale. Il se plaint du peu de cas, voire de la méfiance de M. Le Pen à l'égard des élus FN. Il raconte qu'au soir du 11 mars 2001, alors qu'il vient d'être "réélu maire d'Orange avec 60 % des voix", il reçoit "un appel de Bruno Gollnisch (délégué général du FN), impatient de connaître le résultat" et celui "d'autres membres du bureau politique". "J'attends toujours un appel ou un mot de félicitations de Jean-Marie Le Pen, souligne M. Bompard, qui a acquis la certitude que "le président du FN n'aurait pas vu d'un mauvais oeil (sa) défaite."
Du coup, le maire d'Orange ne donne pas cher de l'avenir de son ancien parti. Revenant sur le premier tour de la présidentielle de 2002, il parle d'occasion manquée.