Jacques Chirac exclut tout retrait du CPE

Par Bernard M.
Publié le 24 mars 2006 à 15:26

Pour le chef de l'Etat, dont c'était l'une des plus longues interventions sur le CPE depuis le début de la crise autour de ce nouveau contrat de travail, la pratique démocratique française ne consiste pas à plier face aux "ultimatums"

S'il a une nouvelle fois affirmé avoir "pleinement confiance" en Dominique de Villepin, Jacques Chirac a toutefois reconnu qu'il faudrait "peut-être tenir compte pour la prochaine fois" du manque de concertation ayant présidé à la création du CPE, présenté mi-janvier par le Premier ministre.



Mais quoiqu'il en soit, le Président n'est pas partisan dans une démocratie des ultimatums. " Nous avons des institutions démocratiques, nous avons fait la Révolution pour les obtenir, pour les développer", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet européen de Bruxelles.

"Quand une loi a été votée par le Parlement (...), elle doit être appliquée ce qui n'empêche pas naturellement de discuter telle ou telle modalité", a-t-il estimé.



Face aux "inquiétudes" et aux "interrogations" suscitées par le CPE, Jacques Chirac a réaffirmé "l'objectif fondamental" du gouvernement "qui ne saurait dévier": "donner une solution qui soit adaptée aux besoins des jeunes qui sont dans la plus grande difficulté".



Et au lendemain de manifestations ternies par des heurts violents, notamment à Paris, Jacques Chirac a dénoncé des violences "inacceptables, intolérables".

"J'ai demandé au gouvernement que ces casseurs, qui n'ont rien à voir avec les manifestants, soient poursuivis et punis avec toute la sévérité nécessaire car ce n'est pas acceptable et donc ils le seront", a-t-il martelé.



Le président français a également fait part de "l'étonnement" des Vingt-Cinq face au débat franco-français sur le CPE, contrat destiné aux moins de 26 ans doté d'une période d'essai de deux ans pendant laquelle l'employeur peut licencier son salarié sans motif.

"Nos collègues ont un peu de mal à comprendre la nature des réactions vives que provoquent les réformes en général en France. J'ai fait remarquer que cela faisait partie du génie français", a-t-il confié aux journalistes.