Jean-Louis Debré réticent à une modification de la loi de 1905
Publié le 18 novembre 2005 à 13:48
Le président de l'Assemblée nationale a vanté les mérites de la laïcité et s'est montré réticent à propos d'un toilettage de la loi de 1905 proposé par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy propose lui de modifier la loi de décembre 1905 pour introduire, notamment, un financement public pour la construction de mosquées.
"Une loi n'y changerait pas grand chose", a estimé Jean-Louis Debré. "Est-ce vraiment un financement public qui changerait la donne?"
"Quand bien même ce financement public serait licite, interdirait-il pour autant le financement de l'étranger ? Je n'en suis pas sûr", a-t-il poursuivi.
Légiférer dans ces domaines me paraît de surcroît dangereux et superflu, a-t-il ajouté. Dangereux parce qu'il ne faut pas examiner les questions qui nous sont posées sous le seul prisme de l'Islam. Superflu aussi parce que derrière ce regain de religiosité c'est une quête de reconnaissance, une demande d'intégration qui est en jeu.
On peut répondre à ces attentes légitimes sans avoir à légiférer, a souligné Jean-Louis Debré.
Le président de l'Assemblée nationale, qui fut l'initiateur de la loi de mars 2004 sur l'interdiction du port de signes religieux à l'école, a plaidé en faveur d'une "intervention ferme, claire, solennelle, visant à rappeler que la laïcité est l'un des principes fondamentaux de notre société".