L'Académie française contre la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution

Par Bernard M.
Publié le 18 juin 2008 à 15:14

L'Académie française demande le retrait d'une disposition, adoptée par l'Assemblée nationale dans le projet de loi institutionnelle qui inscrit la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution et porte, selon les académiciens, «atteinte à l'identité nationale».

«Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France. Par un juste retour, notre Constitution a, dans son article 2, reconnu cette évidence: La langue de la République est le français», écrit l'Académie dans une déclaration diffusée lundi 16 juin. Or, selon les académiciens, le 22 mai, les députés ont voté à la quasi-unanimité un texte «dont les conséquences portent atteinte à l'identité nationale». «Ils ont souhaité que soit ajoutée dans la Constitution, à l'article 1er, dont la phrase commence par les mots: "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale", une phrase terminale: "Les langues régionales appartiennent à son patrimoine"», rappellent-ils.



«Qui en doute ?», soulignent les académiciens, en s'interrogeant sur «cette apparition soudaine dans la Constitution». Selon eux, en effet, cet ajout met notamment en cause «l'accès égal de tous à l'administration et à la justice».



L'Académie, «qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement», demande «le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution».




En revanche, pour Jean-Luc WARSMANN , Président de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale, Rapporteur du Projet de Loi sur la Modernisation des Institutions de la Ve République, « La langue française n’est en aucun cas menacée » car « dans le cadre du projet de loi de modernisation des institutions, une très large majorité de députés de la majorité comme de l’opposition a introduit dans la Constitution la disposition suivante : "les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France"». « Cette disposition ne représente en aucun cas une menace pour la langue française ». « Notre démarche n’est pas de remettre en cause le principe selon lequel, le français est la langue de la République, ni de créer des droits à utiliser une autre langue dans la sphère publique ».

« Cet amendement permettra à l’avenir le vote de lois visant à sauvegarder et à transmettre ces langues régionales. D’où leur mention à l’article 1er de la Constitution qui ne réduit ainsi en rien la place du français dans notre pays, garantie par l’article 2 ».