L'Autriche prend la présidence de l'UE au 1er janvier
Publié le 28 décembre 2005 à 12:02
Et entend relancer l'Europe en espérant lui rendre "confiance et dynamisme"
Le chancelier (conservateur) Wolfgang Schüssel a indiqué que la relance de l'Europe constituerait la première priorité de son pays.
Celle-ci passera par "de nouvelles propositions pour la Constitution européenne", a-t-il dit.
Pour renouer avec une Europe visionnaire, il s'agit d'imaginer une chorégraphie à 25 (pour le traité constitutionnel) de manière à aborder avec confiance et dynamisme la pause de réflexion décidée par le Conseil européen de juin 2005, a ajouté la ministre des Affaires étrangères, Ursula Plassnik.
Mais je n'ai pas de potion magique, a-t-elle prévenu. Son pays a ratifié la Constitution en mai à la quasi-unanimité du Parlement. Cette pause de réflexion, décidée après les rejets français et néerlandais du traité constitutionnel, doit permettre des débats approfondis sur l'avenir de l'Union avant que le Conseil européen de juin 2006 n'aborde la relance des institutions.
Les 25 devront alors décider s'ils mettent fin au processus de ratification de la Constitution et voir, dans ce cas, s'ils peuvent mettre en oeuvre certaines de ses dispositions.
Mais au-delà des mécanismes institutionnels, il s'agit de définir un "modèle de vie européen" assurant croissance et emploi - ces thèmes sont au programme du Conseil européen de mars - mais aussi la protection de l'environnement et la place de l'Europe dans le monde, a précisé Mme Plassnik.
A cet effet, l'Autriche a indiqué qu'elle tentera notamment de faire avancer la directive européenne dite "Bolkestein" sur la libéralisation des services et celle sur le temps de travail.
L'élargissement constituera l'autre priorité avec l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Croatie et l'entrée, prévue en 2007, de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'Union.
La présidence autrichienne devra enfin chercher un compromis institutionnel avec la Commission et le Parlement sur le budget communautaire 2007-2013 après l'accord obtenu à l'arraché au Conseil européen du 17 décembre.
Favorable à la création d'un impôt européen pour financer le budget communautaire, le chancelier Schüssel a appelé à des "changements radicaux" dans le financement de l'Union et entend proposer aux autres pays membres de porter à 3% de leur Produit intérieur brut les crédits affectés à la recherche.
L'Autriche plaidera enfin pour la création à Vienne d'une Agence européenne des Drois de l'Homme.
Entrée en 1995 dans l'UE, l'Autriche a déjà exercé la présidence de l'Union au second semestre de 1998.
De juin à décembre 2006, la présidence de l'UE sera assurée par la Finlande.