L'Etat au régime
Publié le 01 août 2007 à 10:51
22 700 fonctionnaires partant à la retraite ne seront pas remplacés en 2008
Pour François Fillon, le rétablissement des finances publiques est la «clé de la rupture économique». La réduction du déficit est donc «l'une de nos priorités, nos engagements européens nous y invitent mais surtout et avant tout, l'intérêt national l'exige», a-t-il déclaré, à l'issue du séminaire gouvernemental sur les arbitrages budgétaires du projet de loi de finances.
Objectif donc: des déficits publics à 2,3% du PIB en 2008. Un budget bâti sur «une hypothèse crédible» de 2,5% de croissance.
Clé de voûte de cette politique: 22.700 postes de fonctionnaires partant à la retraite ne seront pas remplacés en 2008 alors que les dépenses de l'Etat n'augmenteront pas en volume l'année prochaine.
La règle s'appliquera à tous les ministères sauf l'Education nationale, la Justice et l'Enseignement supérieur, a précisé François Fillon.
Une réduction d'effectifs qui représentera 7 à 800 millions d'euros d'économies par an pour le budget de l'Etat, a aussitôt précisé Eric Woerth, le ministre du Budget et des Comptes publics.
Le Premier ministre a ainsi mis fin à la polémique concernant le nombre de postes de professeurs supprimés en annonçant que deux fonctionnaires sur trois partant à la retraite seront remplacés dans l'Education nationale. Il s'est refusé toutefois à donner un chiffre précis avant la fin du mois d'août.
«Il y aura plus de 6.000 créations de postes correspondant à des besoins nouveaux», dont les études dirigées, a-t-il expliqué. «Il y aura aussi des suppressions, qui font l'objet de réglages fins».
Conformément aux engagements de campagne de Nicolas Sarkozy, François Fillon a rappelé que la moitié des économies réalisées avec le non-remplacement de fonctionnaires partant à la retraite seront affectés à la revalorisation des carrières.
D'autres secteurs vont être épargnés par ces économies. Le chef du gouvernement a ainsi annoncé que le budget du ministère de la Justice progressera de 4,5% en 2008. 1.600 emplois seront aussi créés «pour l'ouverture de nouveaux établissements pénitentiaires».
Une somme de 1,8 milliard d'euros supplémentaires sera également affectée en 2008 à l'Enseignement supérieur et la Recherche, soit beaucoup plus que le milliard d'euros par an pendant cinq ans promis par Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale. Ceux-ci «seront reconduits en augmentation chaque année», a précisé le Premier ministre.