L'Etat crée une DSI interministérielle

Par Bernard M.
Publié le 14 mars 2011 à 11:08

Un décret vient en effet de créer une direction interministérielle des systèmes d'information et de communication. La DGME (Direction Générale de la modernisation de l'Etat) perd donc de facto ses attributions sur l'informatique d'Etat. Et un service spécifique sera créé pour mettre en œuvre le portail unique des données publiques que l’exécutif appelle de ses voeux.

Un décret vient en effet de créer une direction interministérielle des systèmes d'information et de communication. La DGME (Direction Générale de la modernisation de l'Etat) perd donc de facto ses attributions sur l'informatique d'Etat. Et un service spécifique sera créé pour mettre en œuvre le portail unique des données publiques que l’exécutif appelle de ses voeux. C’est le 22 février 2011 que Le Journal Officiel a publié ce décret créant une direction interministérielle des systèmes d'information et de communication de l'Etat (retenez bien son acronyme, la DISIC, car on va sans doute beaucoup parler d’elle).



En tant qu'entité interministérielle, la DISIC est rattachée au secrétariat général du gouvernement. Son objet est d'assurer la cohérence des travaux des différentes DSI des diverses administrations et établissements publics d'Etat d’une part et de mettre en œuvre, d’autre part et le cas échéant, des mutualisations destinées à être ouvertes aussi aux collectivités locales. En d’autres termes, la DISIC va jouer plusieurs rôles : le rôle premier de représentation de l'Etat dans les organisations internationales, notamment pour les travaux de normalisation mais aussi un rôle opérationnel en termes de création de réseaux ou de centres de calculs mutualisés (il est d’ailleurs déjà question de créer une « informatique en nuage » inter-administrative, le cloud privé appliqué au public semblant avoir déjà fait son chemin). Soulignons que l'article 9 du décret enfin créé un conseil des systèmes d'information et de communication où sont représentés les principaux ministères (dont celui du Budget et celui de la Défense) ainsi que la DGME mais …



… la DGME est privée de son rôle informatique



Créée par la fusion d'une série d'offices publics, notamment l'ADAE (Agence pour le Développement de l'Administration Electronique), la DGME a semble-t-il fait son temps. Du coup, le décret créant la DISIC vient, de fait, soustraire à la DGME toutes ses attributions informatiques ! En revanche, la nouvelle DISIC jouera à l’évidence un rôle bien plus important que l'ancienne ADAE ne serait-ce que parce qu’elle couvre un ensemble de systèmes d'informations beaucoup plus vaste et ne se limite pas à la seule administration électronique.

Autre coup dur pour la DGME : elle perd également son rôle d'appui à l'ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information) qu’elle exerçait en termes de « certification » des solutions de signature électronique.



Du coup, avec cet infernal trio qui va en résulter, DGME, DISIC et ANSSI, c’est un peu comme si, au sein d’une entreprise, l’on superposait une direction de l'organisation et de la qualité, une direction des systèmes d'information et une direction de la sécurité, le tout au niveau groupe ou « corporate ». Le seul avantage que l’on peut y voir c’est que chaque administration finalement - et surtout chaque collectivité - vont conserver voir accroitre leur indépendance en restant, malgré tout, très autonomes.



Le portail unique des données publiques

Enfin, la DISIC n'est pas pour autant (pour l'instant !) en charge de la création du fameux portail unique interministériel des données publiques. En effet, , la mission Etalab, créée par un décret du même jour que celui instituant la DISIC, en aura la charge. Elle sera donc elle aussi rattachée au secrétaire général du Gouvernement. Plus concrètement, le but de la mission Etalab est de faciliter la réutilisation la plus large possible des informations publiques des administrations comme des collectivités. Et de crainte à avoir il n’y a pas : on peut en effet noter l'indépendance de gestion des collectivités locales et territoriales, une gestion directe réellement préservée par ces décrets instituant aussi bien l'Etalab que la DISIC. En d’autres termes, leur participation à l'édifice et à l’œuvre commune se fera uniquement sur la base du volontariat.