L'Europe de l'Ouest s'ouvre à l'Est

Par Bernard M.
Publié le 02 mai 2006 à 13:03

Les portes de l'Ouest européen s'ouvrent encore un peu plus aux travailleurs des nouveaux Etats membres, "plombiers polonais" ou autres : à compter du 1er mai, Espagne, Portugal, Grèce et Finlande, rejoignant la Grande-Bretagne, l'Irlande et la Suède, lèvent totalement leurs restrictions sur l'emploi des travailleurs venus de l'Est

Depuis le 1er mai, Espagne, Portugal, Grèce et Finlande, rejoignant la Grande-Bretagne, l'Irlande et la Suède, lèvent totalement leurs restrictions sur l'emploi des travailleurs venus de l'Est.

Les autres pays d'Europe occidentale ont choisi diverses formules: quatre maintiennent toutes leurs restrictions (Allemagne, Autriche, Danemark, Italie et Pays-Bas) et trois autres (France, Belgique et Luxembourg) les assouplissent.



En tout cas, pour les jeunes ressortissants des huit pays d'Europe centrale et orientale entrés dans l'Union européenne en 2004, l'ouverture progressive du marché de l'emploi européen offre des opportunités d'avenir dont leurs parents, coincés derrière le rideau de fer jusqu'à il y a 16 ans, n'auraient jamais osé rêver.



Aucun pays n'envoie autant de travailleurs hors de ses frontières que la Pologne, la géante des nouveaux Etats membres avec ses 38 millions d'âmes. Et où un taux de chômage de 18%, le plus élevé des Vingt-Cinq pousse encore plus les jeunes à chercher ailleurs une vie meilleure: plus de 200.000 Polonais se sont inscrits pour travailler en Grande-Bretagne depuis 2004, 100.000 en Irlande, 8.000 en Suède...



Mais un nombre encore bien plus élevé, estimé à près d'un million, travaillerait illégalement parfois dans des pays qui, comme l'Allemagne, n'ont pas encore officiellement ouvert leur marché, explique Krystyna Iglicka, spécialiste des mouvements migratoires au Centre de relations internationales à Varsovie.



Si ce 1er mai marque une nouvelle étape dans l'ouverture, les spécialistes s'attendent à ce que la nouvelle vague de départs qui y est liée soit bien plus modeste que la précédente, les pays concernés étant moins attractifs que l'Irlande et surtout la Grande-Bretagne.



Mais ces nouvelles migrations posent également de nouveaux défis aux pays de départ et cette "hémorragie" prive donc la Pologne et les pays Baltes d'une force de travail dont ils ont besoin, menaçant de ralentissement certaines des économies en croissance les plus rapides de l'Union. L'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont déjà perdu des dizaines de milliers d'habitants, sur une maigre population totale de 7,2



Chez les Baltes, les entreprises de construction sont particulièrement touchées et se sont mises à aller embaucher du côté de la Russie et du Bélarus.