L'Ile-de-France voudrait en terminer avec le mythe des villes à la campagne
Publié le 18 octobre 2012 à 10:42
Une maison perchée sur un arbre au milieu d'un grand champ. Un homme y travaille sur un ordinateur portable non loin d'une fillette, qui joue au ballon, et de belles poubelles écolos, incongrues dans ce paysage. Voilà en effet l'image de marque officielle du Schéma de développement de la région Ile-de-France (SDRIF) qui doit être voté la semaine prochaine par le conseil régional. Seul problème, ce document qui planifie l'occupation des sols, le transport, le logement et l'activité économique de la région parisienne jusqu'en 2030 ne colle vraiment pas à cette image…
Sonnant le glas des villes à la campagne, il réaffirme le principe de densification des espaces urbanisés, en particulier autour des gares pour lutter contre le gaspillage du foncier et des ressources naturelles. Aucun élu ne pourra l'ignorer pour autoriser la construction d'une usine, de logements ou d'une route !
Entre les ambitions et la réalité, le fossé semble se creuser
En effet, dans la présentation qu'en a faite mardi le président socialiste du conseil régional, Jean-Paul Huchon insiste sur « l'urgence de la crise économique » et, compte tenu du contexte actuel, maintient l'objectif de 28.000 créations d'emplois par an (ndlr : une donnée arrêtée en 2008) avec un taux de croissance annuelle de 2,5 % bien utopiste assurément.
Idem en matière de logement, car il adopte, comme prévu par l'accord sur le Grand Paris signé avec le gouvernement, le chiffre de 70.000 créations de logement par an dont 30 % de social. C’est ignorer les capacités de financement de la région ou alors existe-t-il un accord occulte avec le gouvernement car une telle politique ne peut être mise en œuvre que par un établissement public foncier doté des moyens idoines.