L'enseignement à la française s'implante en Chine
Publié le 23 novembre 2005 à 12:33
Avec le démarrage du premier cursus mixte sino-français d'enseignement supérieur à l'université de Dalian
Le vice-ministre délégué de l'Education en charge des affaires internationales, Cao Guoxing, s'est déplacé en personne dans cette province du Liaoning pour accueillir les 50 étudiants français de l'école d'informatique Epitech, fraîchement débarqués.
C'est la première fois en Chine qu'un cursus mixte sino-français est mis sur pied. Après deux mois de chinois intensif, les étudiants français de 4e année vont suivre, avec ceux de Dalian, des cours dont la pédagogie a été conçue avec Epitech (groupe Ionis), qui seront validés dans leurs programmes respectifs. «
L'enseignement en Chine est fortement théorique, nous avons besoin de lui apporter un peu de pratique », explique Tao Xue Heng, directeur du département informatique de l'université de Dalian. « Nous avons besoin de renforcer le middle management, souligne Tony Kang, du ministère de l'Education, d'où l'accord avec Epitech, mais aussi nos discussions en cours pour importer le modèle des IUT en Chine. »
Environ 8,5 millions d'étudiants chinois passent chaque année le « Gao Kao » pour accéder à l'enseignement supérieur, soit 12 % de la classe d'âge.
Près de 4,5 millions vont entrer à l'université (quatre ans d'études), tandis que 2 millions iront jusqu'au mastère (deux années supplémentaires). Une centaine de milliers achèvent leur doctorat chaque année.
La Chine compte 1.800 établissements publics d'enseignement supérieur et 600 écoles supérieures privées qui accueillent notamment les recalés du Gao Kao, soit en tout 13 millions d'étudiants.
Alors qu'il cultive des relations suivies avec les grandes universités anglo-saxonnes depuis une quinzaine d'années, l'intérêt de l'Etat chinois pour l'enseignement supérieur français ne date que de quatre ans environ. Les autorités pékinoises veulent que leurs établissements d'enseignement supérieur fassent leur entrée parmi les meilleures universités mondiales. Elles accordent pour cela des subventions très importantes aux 30 meilleures universités locales, font des ponts d'or pour rapatrier des chercheurs et enseignants chinois partis à l'étranger et accélèrent les échanges internationaux.
Près de 20.000 Chinois étudient en France, et 6.500 nouveaux visas sont accordés chaque année. Mais les Français commencent à accentuer leur présence sur le territoire chinois.
En septembre dernier a été inaugurée l'Ecole centrale de Pékin, qui devra former 300 étudiants chinois par promotion.
A Dalian, « il s'agit de contribuer à l'évolution de nos approches pédagogiques et de développer la capacité technologique de la ville », explique Jiayou Yu, le président de l'université.
La ville, connue pour ses chantiers navals, son industrie du logiciel émergente, mais aussi pour la mode et le design, reçoit, comme l'université, de nombreuses subventions de l'Etat qui cherche à revitaliser le nord-est de la Chine. Elle doit notamment devenir le pôle d'aviation civile de la région.
Les autorités chinoises vont suivre de très près cette expérience et verront si cette orientation doit être poursuivie, et comment.