La Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS) publie son baromètre 115 hivernal

Par Bernard M.
Publié le 15 janvier 2013 à 15:03

Les résultats du baromètre 115 hivernal de décembre 2012 publié par la FNARS montrent une légère baisse des demandes d’hébergement par rapport au mois de novembre 2012. Cependant, ce chiffre augmente par rapport à décembre 2011, signe d’une progression du nombre de personnes à la rue. En décembre 2012, sur un échantillon de 37 départements, encore plus de la moitié des demandes d’hébergement au 115 ne sont pas suivies de réponses positives.

A quelques jours de la présentation du plan quinquennal, prévue le 21 janvier, la FNARS appelle le gouvernement à mettre en place des réformes structurelles pour enrayer cette dégradation.



Des moyens supplémentaires mais insuffisants et temporaires



8 425 orientations ont été faites vers des structures d’hébergement d’urgence hivernales en décembre 2012 (+41% par rapport à l’année dernière). Si l’augmentation du nombre de places d’hébergement a permis de diminuer les « non attributions » (57% en décembre 2012, contre 71% en novembre 2012), elle reste cependant insuffisante pour répondre à l’ensemble des demandes, en hausse de 22% par rapport à l’an dernier. Plus d’une personne sur deux reste toujours sans solution lorsqu’elle appelle le 115. En cause : l’absence de places disponibles suffisantes (pour 66%).



Les familles toujours moins hébergées que les autres publics



La majorité des demandes d’hébergement au 115 continue d’être faite par des personnes en famille (46%), qui sont elles-mêmes les plus durement touchées par les réponses négatives : 64% pour les familles, 63% pour les couples sans enfant et 52% pour les groupes d’adultes sans enfant. Cette plus faible attribution s’explique par l’inadéquation qualitative et quantitative des dispositifs d’hébergement pour ce type de publics. Les familles sont majoritairement orientées vers l’hôtel (54%), une solution coûteuse et de mauvaise qualité, mobilisée ponctuellement en fonction des températures et des moyens financiers encore disponibles.



La gestion au thermomètre perdure et laisse craindre des remises à la rue importantes à la fin de l’hiver



L’ouverture de toutes les places hivernales ne s’est pas encore faite dans tous les départements malgré l’engagement de la ministre chargée du Logement d’une accélération du plan hiver « sans attendre la dégradation des conditions climatiques ». La logique du thermomètre demeure donc sur les territoires, avec une mobilisation progressive de solutions supplémentaires « grand froid » ouvertes puis fermées au gré des variations de températures.

Cet hiver se déroule donc comme les précédents, avec la mobilisation de locaux précaires et inadaptés (casernes, gendarmeries, locaux hospitaliers, gymnases, hôtel ….) qui ne respectent pas les normes d’accueil nécessaires et qui devront fermer au printemps. Dans ces conditions, que vont devenir les personnes accueillies cet hiver ?

La FNARS s’inquiète du manque de préparation de la sortie de l’hiver avec la fin tant annoncée de la gestion au thermomètre. Le plan quinquennal doit proposer des solutions de long terme, à rebours des mises à l’abri proposées chaque hiver, avec un accompagnement social des personnes vers l’accès au logement. Les projets territoriaux de sortie de l’hiver portent cet objectif. Or, sur de nombreux territoires, la dynamique n’est pas amorcée.