La banquise arctique est une peau de chagrin

Par Bernard M.
Publié le 24 août 2007 à 22:36

L’U.S. National Snow and Ice Data Center, organisme scientifique américain, rapporte que la banquise arctique a atteint le plus petit niveau jamais enregistré auparavant dans ses tablettes. Cet organisme extrêmement sérieux fait partie de l’Institut de Recherches en Sciences Environnementales à l’université du Colorado, et reçoit des subventions de la NASA, de l’U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration et de la fondation Scientifique Nationale (US).
"Aujourd’hui est un jour historique" selon un responsable scientifique, Mark Serreze. "Ceci est la plus petite banquise jamais constatée dans les annales des satellites, et il reste encore un mois de fonte à venir pour cette année".

Les mesures par satellite ont montré 5.2 millions de kilomètres carrés de glace, en dessous du précédent record datant du 21 septembre 2005, qui était de 5.3 millions, selon cette agence.


Le niveau de la banquise est particulièrement bas du côté est de la Sibérie et au nord de la mer de Beaufort de l’Alaska, selon l’agence qui ajoute que le niveau est également bas dans l’archipel canadien.

Le côté Atlantique de l’océan arctique ne montre pas un niveau inhabituellement bas de banquise, mais il reste en dessous de la norme, selon le centre NSIDC, situé à Boulder – Colorado.

Les scientifiques ont commencé à surveiller l’étendue glacée de la banquise arctique depuis les années 1970, quand les images satellite sont devenues accessibles.

Les régions polaires sont depuis longtemps au centre de l’intérêt des scientifiques étudiant le réchauffement de la planète, car ces régions sont un indicateur précoce et sensible des changements climatiques, beaucoup plus que les autres régions.

La banquise maintient les régions polaires froides en réfléchissant le rayonnement solaire, qui serait sinon absorbé par des terres ou la surface des océans.

La neige et la glace réfléchissent 80% du rayonnement reçu, à comparer aux 10% réfléchis par les eaux des océans. Le plus faible pouvoir réfléchissant de l’océan provoque son réchauffement, lequel à son tour fait monter les températures des régions arctiques.


Un ciel inhabituellement clair au dessus de l’arctique a favorisé le rayonnement solaire au moment où le soleil est le plus fort sur ces régions. Le centre admet que ces conditions mènent à une quantité d’énergie absorbée inhabituellement élevée, accélérant le processus de fonte. Des vents violents ont également apporté de l’air chaud des zones plus au sud.

"Nous ne pouvons pas tout expliquer simplement par des causes naturelles. C’est une preuve évidente que nous commençons à vérifier les effets d’un réchauffement climatique général" a déclaré Serreze.

La question intrigante, selon lui, est que la fonte est en fait plus rapide que ce que les modèles climatologiques informatiques ont prévu. Plusieurs années auparavant, il aurait annoncé 2070 ou 2100 comme date de la disparition complète de la banquise. Mais à la vitesse de fonte actuelle, une fonte complète pourrait bien arriver en 2030. Il y aura toujours de la glace en hiver, mais elle pourrait disparaître en été.