La double compétence ou 'bivalence' ne fait pas recette

Par Bernard M.
Publié le 10 janvier 2006 à 11:00

"La bivalence", c'est-à-dire enseigner deux matières au lieu d'une, vient d'être remise au goût du jour par le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien

M. de Robien se dit favorable à une réforme des instituts universitaires de formation de maîtres (IUFM), prévue par la loi Fillon, qui intègrerait la notion de "bivalence".

"On va dire aux profs d'histoire qu'ils doivent connaître une langue étrangère, nous pourrions dire que la formation des enseignants doit leur permettre de savoir enseigner deux matières, peut-être l'histoire et le français, ou les sciences et les mathématiques", a suggéré le ministre.

Aujourd'hui, avec la "mention complémentaire", la seconde matière enseignée par les nouveaux professeurs "bivalents" ne dépassera pas un tiers du nombre d'heures total et elle est "facultative", selon le ministère.

"L'enseignement unique est une particularité française. En Allemagne, c'est le contraire", a ajouté l'Education nationale.



Remise au goût du jour en ce début d'année, la "bivalence" est pourtant déjà lancée dans la formation des futurs enseignants du secondaire.

Un arrêté du 26 juillet 2005 ouvre en effet la possibilité, dès la session 2006 du Capes (le concours de recrutement des enseignants de collèges-lycées, ndlr), de passer une "mention complémentaire", c'est-à-dire d'avoir une seconde matière qu'il pourront enseigner.

Et les chiffres sont parlants : sur 40.583 inscrits au Capes 2006 en France, 6.483 personnes ont accepté de prendre une mention complémentaire, soit 16% de candidats. "Par exemple 30% des inscrits au Capes de physique-chimie ont choisi les mathématiques comme mention complémentaire", a expliqué à l'AFP le ministère de l'Education nationale.



Mais à peine prononcé, le mot "bivalence" a provoqué indignation et scepticisme chez les syndicats enseignants. Vieux retour au PEGC (professeurs d'enseignement général de collège) ou création d'un nouveau corps d'enseignants ?

"La bivalence ne restaurera pas l'autorité des enseignants mais fera que les enseignants seront moins compétents dans leur discipline et auront donc plus de difficultés avec leurs élèves", a réagi, lundi sur LCI Bernard Boisseau, le secrétaire général du Syndicat national des enseignements du second degré (SNES, principal syndicat des collèges et lycées).