La pêche durable du cabillaud de Norvège : une pratique encadrée
Publié le 20 septembre 2012 à 10:07
La Norvège possède une longue tradition de pêche en harmonie avec la nature, et est considérée par de nombreuses organisations internationales comme un leader mondial de la gestion durable de la pêche. L’année 2012 marque le 25ème anniversaire de l’interdiction totale des rejets de pêche en Norvège, et l’annonce de l’augmentation des quotas de pêche au Cabillaud dans la mer de Barents pour 2013.
La Norvège possède une longue tradition de pêche en harmonie avec la nature, et est considérée par de nombreuses organisations internationales comme un leader mondial de la gestion durable de la pêche. L’année 2012 marque le 25ème anniversaire de l’interdiction totale des rejets de pêche en Norvège, et l’annonce de l’augmentation des quotas de pêche au Cabillaud dans la mer de Barents pour 2013. Contrairement aux idées reçues, la survie du cabillaud n’est pas menacée partout. En effet, la plupart des gens ignorent qu’il en existe plusieurs populations distinctes dans le monde. Le cabillaud de la Mer du Nord a ainsi un stock de reproduction qui est descendu à un niveau alarmant, et les scientifiques préconisent une baisse importante de son activité de pêche. Depuis 1987, la Norvège s’est engagée à faire en sorte que ses eaux claires et froides soient un environnement de pêche durable. La Mer de Barents, où la Norvège capture environ 93 % de son cabillaud, possède le plus important stock de cabillaud au monde. En suivant les conseils scientifiques du CIEM (Le Conseil International pour l'Exploration de la Mer), la Norvège a pu augmenter ses quotas de cabillaud au cours de ces dernières années. Aujourd’hui, cette population de cabillauds est la plus importante au monde, et la Norvège est souvent mise en avant comme un exemple à suivre pour les mesures qu’elle y a imposées afin de garantir la durabilité de cette pêche. Cette population de cabillauds est estimée à environ 3.5 millions de tonnes, malgré un niveau critique il y a une vingtaine d’années. La FAO (l’organisation des nations unies pour la l’alimentation et l’agriculture) fait partie de ceux qui ont cité la Norvège en exemple pour les meilleures pratiques mondiales en matière de gestion des stocks. Son cabillaud est désormais aussi sur la « liste verte » dans le guide «Consommateur » pour les produits de la mer de l’ONG WWF. LES QUATRE PRINCIPES CLÉS DE LA GESTION DES PECHERIES NORVÉGIENNES La gestion des pêcheries norvégiennes est basée sur le principe de l’utilisation optimale et durable des ressources, de telle sorte que les générations futures puissent également en profiter. • PRINCIPE N°1 : LA RECHERCHE Les règles et la gestion des pêcheries norvégiennes sont basées sur les principes de pêche durable des ressources biologiques marines. La protection de la mer est donc un principe fondamental pour toutes les activités liées à la pêche et à l’aquaculture. La gestion des pêcheries norvégiennes est basée sur les dernières connaissances et expertises des instituts de recherche nationaux et internationaux. L’institut de recherche marine est chargé de la surveillance des réserves de poissons norvégiennes L’institut de recherche marine est le plus grand centre d’océanographie de Norvège. Sa tâche principale consiste à apporter ses conseils aux autorités norvégiennes en matière d’écosystèmes dans la Mer de Barents, la Mer de Norvège et la zone côtière norvégienne. C’est pourquoi environ 50 % de ces activités sont financées par le Ministère de la pêche et des affaires côtières. L’objectif de la recherche et des conseils de gestion fournis par l’IMR est de s’assurer que les ressources marines de la Norvège sont exploitées de manière durable. • PRINCIPE N°2 : LA DÉFINITION DES QUOTAS 90 % des pêcheries norvégiennes exploitent des ressources partagées avec d’autres pays. Suite aux recommandations du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) concernant les quotas, des négociations sur les quotas ont été organisées entre la Norvège et les autres pays. Les négociations sur les quotas avec les autorités de gestion des autres pêcheries se déroulent chaque année, et la Norvège a conclu des accords de coopération de gestion avec la Russie (commission de pêche norvégo-russe), l’UE, l’Islande, le Groenland, les Îles Féroé, etc. Les pays concernés négocient un accord sur un quota total des réserves – le total autorisé de capture (TAC). Lorsque le quota total est défini, la direction de la pêche recommande la répartition du quota entre différents groupes de navires. La Direction de la pêche fait également des recommandations sur les périodes de pêche et sur les dates auxquelles elles doivent commencer et s’arrêter. Les réunions portant sur la règlementation garantissent l’implication et la participation des parties prenantes concernées. Il y a 12 participants des organisations des pêches, de l’industrie de la pêche, des associations commerciales, le Parlement Sami et la Direction de la pêche. - Les pêcheries sont réglementées en limitant le nombre de licences ; - Une autre méthode de réglementation consiste à limiter le nombre de poissons que chaque navire a l’autorisation de capturer : le système des quotas - Une troisième méthode de réglementation est apportée par la réglementation technologique des méthodes de pêche et une interdiction des rejets. Le système de quota Les TAC norvégiens sont divisés en quotas de groupe, qui correspondent aux différents groupes de navires. Les pourcentages de quota correspondent à une répartition fixe, conforme à une cotisation historique, mais qui peut être révisée. Les quotas sont divisés en : Quotas par bateau individuel (IVQ), quotas maximum ou quotas de poissons benthiques. Certains quotas sont transférables sous forme de mécanisme destiné à réduire la surcapacité de la flotte. Un système de transfert de quota nommé Unit Quota System (UQS) et, pour les gros navires côtiers, le Structural Quota System (SQS), a été mis en place en 2004. Les systèmes UQS et SQS permettent au propriétaire de deux navires de transférer le quota d’un navire vers l’autre, et de pêcher l’intégralité du quota avec un navire pendant une certaine période, ou une partie du quota pendant une période illimitée, à condition que l’autre navire soit hors d’usage. Un nouveau système nommé Quota Exchange System (QES) a été créé et mis en place de manière temporaire pour une partie de la flotte côtière en 2003. Le QES permet à deux propriétaires de navire de s’associer et de pêcher l’intégralité de la somme de leurs quotas avec un bateau pendant une période déterminée. Cet accord s’est avéré fructueux et est devenu une règle en 2005, lorsque les navires de pêche hauturière ont été intégrés au système QES. Le QES autorise le propriétaire de deux navires à transférer le quota d’un navire à un autre. • PRINCIPE N°3 : LES REGLEMENTATIONS Les produits de la mer de Norvège sont pêchés selon diverses méthodes de capture et par des bateaux de pêche de différents types et de différentes tailles. Pêche à la palangre, pêche à la senne danoise, pêche au filet maillant, pêche à la ligne et pêche au chalut. Toutes ces méthodes sont acceptées en tant que méthodes de pêche durable. Chaque type de bateau aura un ensemble de mesures techniques strictes à respecter. Les mesures techniques sont employées pour réduire l’impact de la pêche sur les stocks de poissons et leur environnement. Cela inclut : • Des dimensions minimum pour les poissons et les mailles de filet ; • Des restrictions sur les engins ; • Une interdiction des rejets ; • Des grilles de triage : Certains chalutiers pêchant le cabillaud doivent utiliser des instruments de triage, tels que des grilles de triage. Pour régler le problème de la « pêche fantôme », les autorités norvégiennes de la pêche étudient des programmes de prise en charge du retrait des filets des fonds de pêche. Saisons et zones fermées La Norvège applique le principe des saisons de fermeture et des zones fermées dans ses eaux territoriales. Les pêcheries sont parfois fermées pendant une année ou plus, permettant aux stocks de se renouveler partiellement. Les zones fermées incluent une interdiction générale des chaluts dans les zones où prévalent les récifs de coraux et les structures similaires, telles que les bancs de Lophelia. • PRINCIPE N°4 : CONTRÔLE, APPLICATION & SANCTIONS Depuis l’an 2000, tous les bateaux de pêche de plus de 24 mètres de long doivent disposer d’appareils de repérage par satellite. La Commission commune de la pêche russo-norvégienne stipule un échange de données satellite et l’introduction d’un système de refus de licence en réponse à de graves dépassements des quotas. Le groupe de Suivi, de Contrôle et de Surveillance (MCS) a été créé en coopération avec l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en 1981. Les activités du MCS veillent au respect des règles et réglementations nationales dans le cadre des activités de pêche. Les Systèmes de surveillance des bateaux (VMS) et la communication par satellite sont deux exemples d’options de gestion adoptées par le MCS. Le MCS utilise des unités mobiles qui contrôlent les captures dans la Mer de Barents. Une partie du programme consiste à contrôler la quantité de petits poissons dans les prises. Si elle est trop élevée, la pêche cesse immédiatement dans cette zone. Les bancs de pêche sont rouverts uniquement lorsque la composition des captures a retrouvé des niveaux acceptables, ce qui peut prendre quelques jours, quelques semaines ou quelques mois. Des journaux et des registres de ventes sont utilisés pour contrôler les captures et l’activité de pêche. Tous les bateaux doivent remplir un journal, mais les petits bateaux doivent utiliser des versions simplifiées. Les registres de ventes sont des contrats entre les pêcheurs et les acheteurs, qui indiquent le pourcentage du quota qui est atteint. Les règlementations sur la pêche sont appliquées en mer, lorsque le poisson est débarqué et lorsqu’il est exporté. En mer, le garde-côte est chargé d’inspecter les bateaux de pêche et de vérifier leurs prises en les comparant aux journaux. QUOTAS DE CABILLAUD EN 2012 ET PERSPECTIVES 2013 Avec des stocks de poissons abondants dans ses eaux claires et froides, la Norvège gère le plus gros et le plus durable de tous les stocks de cabillauds au monde, qui se développe encore. Le quota de captures pour le cabillaud du nord-est de l’Arctique dans la Mer de Barents est de 751 000 tonnes en 2012, dont 339 857 tonnes en ce qui concerne le quota norvégien. Depuis plus de 20 ans, le stock de cabillaud de Norvège est bien géré, grâce aux meilleurs conseils scientifiques, et la Norvège poursuit ses efforts pour être un pays leader dans la gestion de la pêche durable. La pêche au cabillaud en Norvège est basée sur des quotas dans trois zones maritimes différentes, la Mer de Barents, la Mer du Nord, et la côte norvégienne. La taille des différents quotas varie considérablement. Plus de 90 % du cabillaud de Norvège est issu du stock de poissons de la Mer de Barents, qui est le plus grand stock de cabillaud au monde.