La plus grande introduction en Bourse de l'histoire …
Publié le 27 octobre 2006 à 11:41
… reçoit un accueil contrasté
L'introduction de la première banque chinoise ICBC, la plus importante de tous les temps, a reçu un accueil contrasté vendredi aux Bourses de Hong Kong et de Shanghaï, mettant un bémol à l'appétit vorace suscité par l'explosion économique du pays le plus peuplé de la planète.
ICBC, que continuera à contrôler l'Etat communiste après cette privatisation partielle, doit lever jusqu'à 22 milliards de dollars.
Elle pulvérise ainsi le précédent record établi en 1998 par NTT DoCoMo, premier opérateur de télécommunication mobile japonais, qui avait levé un peu plus de 18 milliards de dollars.
Imitant le succès de quasiment tous les placements de sociétés chinoises à Hong Kong, le titre ICBC a fini vendredi à la mi-journée sur un bond de 15,6%.
Cette introduction, la première à avoir lieu simultanément à Hong Kong et Shanghai, avait été présentée comme la preuve du rapprochement des deux places chinoises, et en particulier de la capacité de la relativement petite Bourse de Shanghai à jouer dans la cour de sa grande sœur hongkongaise.
Shen Jun, analyste chez le courtier Guosen à Shanghai, a attribué la relative contre-performance du titre en Chine continentale à la "prudence" des investisseurs nationaux.
Tandis que le monde, et Hong Kong, s'arrachent tout ce qui est "Made in China", "les investisseurs chinois sont moins optimistes sur les banques d'Etat que ne le sont les étrangers", a souligné l'analyste.
L'introduction d'ICBC marque la troisième privatisation partielle d'une banque d'Etat chinoise, après China Construction Bank et Bank of China.
Pour assurer le succès de la "révolution bancaire chinoise", le pouvoir communiste a injecté des milliards de dollars dans ses banques, jusqu'alors plombées par des montagnes de prêts non productifs, un euphémisme qui masque souvent un hypothétique remboursement.
Le président-directeur général de l'ICBC, Yang Kaisheng, a néanmoins vu dans le placement "un grand progrès dans l'ouverture des banques chinoises et du processus de réforme".
Selon des sources de marché, le placement a attiré au total plus de 500 milliards de dollars d'offres, éveillant l'appétit de l'ensemble des gros portefeuilles de la planète, du Koweït à Singapour.
Les investisseurs veulent leur part du formidable boom économique chinois et nombreux sont ceux qui estiment qu'ICBC, un mastodonte qui pèse 800 milliards de dollars, est tout simplement trop important pour que Pékin le laisse s'écrouler.