La ville d'Orléans très impliquée dans la sécurité

Par Bernard M.
Publié le 22 novembre 2005 à 10:56

La recette anti-délinquance de la municipalité combine dissuasion, répression et prévention

En 2001, le candidat Serge Grouard (UMP) fait de la sécurité une de ses priorités pour Orléans et affiche onze mesures pour dire stop à la délinquance.



La ville, dont un tiers de la population est en zone sensible, enregistre alors l'une des plus fortes hausses - de l'ordre de 45 % selon les chiffres de la mairie - de la délinquance de voie publique en France, au deuxième rang juste derrière Brest.



Quatre ans plus tard, le taux de délinquance de voie publique est revenu à un niveau inférieur à celui de 1995.

« Les résultats sont là », commente le maire, qui juge le travail accompli « très positif ». Il relève aussi qu'Orléans a été relativement épargné par les violences urbaines de ces dernières semaines.

S'il n'y avait pas eu le dispositif créé de puis quatre ans, les dégâts auraient été d'une tout autre ampleur, estime-t-il.



La politique menée par la municipalité joue sur plusieurs tableaux, associant dissuasion, répression et prévention.

La ville a restructuré et renforcé sa police municipale, dont les effectifs ont été doublés pour atteindre 107 agents.

Ses locaux ont été reconstruits et une brigade canine de 14 maîtres-chiens a été créée.

La municipalité a également mis en oeuvre un plan de vidéoprotection, avec l'installation d'une cinquantaine de caméras en centre-ville et dans des quartiers sensibles comme l'Argonne (de 7.000 à 8.000 personnes) et la Source (23.000 habitants).



Orléans a aussi été la première ville à faire valider par les tribunaux administratifs des arrêtés couvre-feu pour les moins de 13 ans, dès 2001, et a interdit la prostitution (- 65 %) ou encore la consommation d'alcool sur la voie publique.



Ce volet prévention se double d'une intensification de la répression. La police municipale procède en moyenne à deux interpellations par jour, contre une par mois avant 2001, le taux d'élucidation des affaires est passé de 17 à 30 %, la verbalisation s'est renforcée dans les transports en commun et deux groupes locaux de traitement de la délinquance (GLTD) ont été mis sur pied avec le procureur de la République.



Le dispositif municipal comprend enfin un important volet prévention, qui joue sur la durée en sensibilisant jeunes et parents.

La ville a notamment créé un service de 44 agents de médiation, qui sillonnent les quartiers de jour comme de nuit à la rencontre des habitants.



Des parents relais vacataires, rémunérés à l'heure, les secondent depuis ces dernières semaines pour rétablir le calme. Orléans propose une aide aux devoirs gratuite en primaire qui touche 1.500 enfants, un service de veille éducative, pour repérer dès la maternelle les enfants manifestant des « troubles de conduite », ou encore un « atelier relais du civisme » pour les adolescents temporairement exclus de leur établissement.



Au plan financier, le budget « sécurité » de la ville représente environ 4 millions d'euros en fonctionnement (sur 170 millions) et 3,5 millions en investissement sur quatre ans, soit un peu plus de 2 % du budget total.