Laurent Fabius : 'clairement à gauche'

Par Bernard M.
Publié le 22 août 2006 à 23:44

Invité du 20 heures de TF1 ce mardi soir, l’ancien premier ministre occupe le terrain médiatique. Pour s’imposer comme le rival principal de Ségolène Royal au PS, à la gauche de celle-ci, l'ancien Premier ministre ne manque pas de talent.

Selon Laurent Fabius, «tout dépendra de ces débats, maîtrisés et amicaux». Pour y briller, il entend donc se situer «clairement à gauche et pas sur une ligne mi-chèvre mi-choux», pointant ses deux priorités : le pouvoir d’achat et le logement.



Il a d’ailleurs fait la promesse, s’il est élu président, d’augmenter immédiatement le Smic de 100 euros. A titre de comparaison, au 1er juillet 2006, le smic a été revalorisé d'environ 37 euros.



A la question d’un éventuel soutien à Ségolène Royal à l’issue des votes militants, il a coupé son intervieweur, d’un sourire en coin : «Cela veut dire que Ségolène Royal se ralliera à Laurent Fabius».



Humour mais gravité ne sont pas incompatibles



Deux jours après la rentrée sans 'dentelle' de Ségolène Royal à Frangy-en-Bresse, il ne se prive pas de lancer des piques à l’encontre de la «Zapatera» de son mouvement et notamment lorsqu'il déclare : «Je préfère dire: Voici mon projet, plutôt que: Mon projet, c'est Voici!» Selon lui, «Depuis plusieurs années, la trilogie perdante aux élections, c'est sondage/battage/naufrage. Arrêtons !»



Certes, le député du Grand-Quevilly exclut de se présenter à la présidentielle en cas d’échec devant les militants. En revanche, sans être adepte de la méthode Coué, il fait tout de même comme s’il était le futur champion du PS ! Et d'ailleurs prend le risque, lui au moins, d'esquisser le programme de ses cent premiers jours à l’Elysée :

- Conférence nationale sur l'emploi,

- Revalorisation du smic,

- Suppression des «cadeaux fiscaux»,

- Référendum sur une République parlementaire



Autant de réformes claires et différentes de la ligne du parti qui seraient à l’ordre du jour fabiusien.



Un site Internet pour porter la bonne parole



Conscient de sa particularité dans la primaire socialiste, primaire où il sera le seul à avoir défendu le «non» au référendum pour le Traité constitutionnel de l'Union européenne, le dauphin de François Mitterrand occupe également l’espace politique devant les militants, notamment après avoir mis en ligne, aujourd'hui mardi, son site internet «de rassemblement et de soutien», www.2007lagauche.fr, un site très "pro" où il y présentera dès demain mercredi sa «profession de foi».



Mais déjà chacun se prépare aux universités d’été du parti, à La Rochelle, du 25 au 27 août. Une belle occasion lui sera donnée ainsi qu'à ses pairs de convaincre, une occasion que Ségolène n'a pas voulu saisir, déclinant l'invitation qui lui était faite. Est-ce le trac ou l'émotion après son vrai-faux cambriolage ? L'avenir nous le dira ...