Le Cloud Computing est une tendance désormais incontournable dans le monde des réseaux sans fil. Mais le « nuage » peut-il réellement résoudre tous vos problèmes de connexion Wi-Fi ?

Par Bernard M.
Publié le 21 février 2013 à 10:00

Prévisions Wi-Fi : des nuages, des risques d'averses mais un horizon dégagé

Prévisions Wi-Fi : des nuages, des risques d'averses mais un horizon dégagé Les architectures sans fil traversent une turbulence identitaire. De plus en plus, les entreprises mettent les connexions Ethernet de côté au profit du Wi-Fi. Et tandis qu'il séduit de plus en plus d'utilisateurs, le Wi-Fi connaît une évolution rapide, provoquant des écarts dans les architectures des réseaux locaux sans fil (WLAN) et les modèles de mise en œuvre. Ces transformations obligent à concevoir des architectures compatibles avec les équipements d'hier, optimisées pour les appareils d'aujourd'hui et parées pour les produits de demain : · avec ou sans contrôleur ? · avec un contrôleur physique, virtuel ou sur le nuage ? · avec un flux de données centralisé ou distribué ? · avec ou sans nuage ? · avec un nuage privé ou public ? De nombreux fournisseurs se concentrent sur un modèle unique. Pour autant, les entreprises sont rarement d'accord pour avoir ce type vision exclusive. Cette indécision ouvre la voie à un marché des infrastructures WLAN à la fois diversifié, concurrentiel et, d'aucuns diront, « surpeuplé », où chaque entreprise dispose d'une identité architecturale, voire « religieuse », spécifique. Des nuages dans le paysage architectural des réseaux sans fil Le Cloud computing commence à tirer son épingle du jeu dans les débats relatifs à l'architecture des réseaux Wi-Fi. Alors que le Wi-Fi commence à s'imposer comme une méthode d'accès majeure et que les appareils mobiles se répandent, les entreprises réfléchissent sur la façon dont leur réseau est utilisé. Mais pour prendre des décisions, elles doivent disposer d'un plus grand volume de données. C'est là que l'agrégation des ressources sur le Cloud intervient. Ces informations fournies par les systèmes d'administration et de supervision pourront être stockées et analysées sur le Cloud pour évaluation des tendances et reporting. Les entreprises distribuées apprécient la valeur de la technologie Wi-Fi sur le Cloud : elle permet un accès centralisé, à moindre coût, des données. Toutefois, un autre type majeur de nuage permet d'en simplifier le déploiement et l'administration par les fournisseurs de services administrés (Managed Service Providers ??? MSP). Il n'est pas aussi simple de déployer un réseau d'entreprise qui « fonctionne » que de brancher un routeur Wi-Fi domestique. Les réseaux WLAN sont devenus complexes. Il devient difficile pour les entreprises de disposer en interne de spécialistes Wi-Fi. Elles doivent donc faire confiance à l'expérience des MSP pour satisfaire leurs exigences. Si la solution de Cloud est optimisée en fonction des MSP, le modèle métier sera nettement plus efficace, essentiellement en raison de l'accessibilité des fonctions d'administration à distance, de surveillance, de reporting et de dépannage. Deux sortes de nuages Aujourd'hui, deux types de Cloud ont le vent en poupe : les nuages privés, qui appartiennent aux clients, et les nuages publics, qui sont déployés par des fournisseurs de services. De nombreux fournisseurs de réseaux Wi-Fi prônent actuellement le modèle privé en proposant un contrôleur de réseau sans fil (WLAN) centralisé de grande capacité pour prendre en charge les modèles de points d'accès (AP) « distants » ou « flexibles ». Intéressants pour les grandes entreprises qui ont déjà investi des sommes importantes en faveur de leurs datacenters, les nuages privés ne disposent pas toujours des avantages des nuages publics en termes d'évolutivité, de résilience et de coût. La Cloud public convient plus particulièrement aux petites structures : un partenaire extérieur assure la conception et l'administration du datacenter, gère la complexité, sécurise (en principe !) les informations, fournit une capacité de stockage et une redondance élevées, et règle la facture d'électricité. L'entreprise achète des points d'accès, bénéficie d'un certain niveau de service par contrat, configure les points d'accès via une interface web et peut administrer le réseau local sans fil à distance. Ces options modifient le modèle classique des WLAN, qui devient un service. Les entreprises distribuées préfèrent souvent les nuages publics. Or, bien que satisfaisant aux exigences de surveillance et d'administration centralisées, ce type d'infrastructure ne répond pas à la nécessité de disposer d'un datacenter centralisé à l'intérieur de l'entreprise. Les sites distants doivent fréquemment accéder à des ressources centralisées via un réseau virtuel privé (VPN), mais les nuages publics sont sourds à cette attente, ce qui minimise les avantages de cette option. Nuages et précipitations Le Cloud ne constitue pas, loin s'en faut, la panacée aux problèmes inhérents aux réseaux Wi-Fi. Nous l'avons vu précédemment, la notion de « propriété » des clients représente l'un des freins majeurs à l'adoption d'un réseau sans fil sur le nuage. Toutes les entreprises ne sont pas prêtes à confier leur infrastructure à un fournisseur tierce partie. Certaines sociétés s'inquiètent de la confidentialité et du contrôle des solutions hébergées (que faites-vous exactement de mes informations ?), tandis que d'autres n'acceptent tout simplement pas le principe de propriété payante, ayant l'impression que le Cloud constitue un modèle locatif qui, au fil du temps, conjugue moins de contrôle et plus de coûts. Les architectures Wi-Fi décentralisent les fonctions de contrôle (option « sans contrôleur ») ou déplacent le contrôleur dans le nuage. Dans certains environnements, cette approche peut constituer un avantage en éliminant physiquement le contrôleur installé dans chaque site, ce qui est très utile dans les certains réseaux distribués. Historiquement, les « contrôleurs » ont été conçus pour assurer la tunnelisation centralisée des données. Toutefois, de nouvelles tendances mettent à l'honneur les plans de données distribués (ventilation des données à partir des points d'accès), tout en conservant le contrôleur pour assurer les fonctions d'administration et de contrôle, telles que la gestion des ressources RF (réglage des canaux et de la puissance), les réglages de configuration des points d'accès, les services d'authentification (802.1X ou portails Web captifs), l'itinérance de couche 3, etc. Pour la plupart des clients, peu importe la manière dont le contrôle du système a lieu (distribué, centralisé, nuage). Le tout, c'est qu'il fonctionne. Le niveau « radio » sera toujours le socle des liaisons Wi-Fi. Lorsque les clients ont le choix, la nécessité fondamentale de disposer de bonnes liaisons sans fil prime généralement sur l'intérêt que présente le Cloud. Vers un avenir dégagé Évidemment, les clients souhaitent bénéficier du meilleur des deux mondes : une administration intuitive, une excellente capacité d'analyse des données, une mise en œuvre aisée, et des performances radio fiables et adaptatives. Mais de nombreux utilisateurs ont encore du mal à comprendre que la fiabilité et les performances Wi-Fi ne profiteront jamais des fonctionnalités du Cloud computing. Si le transfert des fonctionnalités Wi-Fi vers le Cloud représente un aspect passionnant d'une solution complète dont les avantages sont indéniables, cette technologie ne convient pas à tout le monde et ne résout pas tous les problèmes. Ce n'est qu'une façon d'aborder un élément d'un vaste puzzle. Les entreprises doivent rechercher des fournisseurs qui proposent une gamme complète d'alternatives architecturales, depuis les points d'accès autonomes ou à base de contrôleur jusqu'aux contrôleurs de Cloud privés en passant par les services de nuages publics. Quelle que soit la solution qui convient à une entreprise donnée, une chose reste certaine : la fiabilité et les performances du réseau sans fil doivent demeurer le socle de tout choix architectural. Faute de quoi, vous disposez d'un réseau Wi-Fi d'administration aisée, mais que personne n'utilisera.