Le Monde met à nouveau en cause Villepin

Par Bernard M.
Publié le 03 mai 2006 à 16:28

Qui a aussitôt "vigoureusement" dénoncé dans un communiqué "l'exploitation faite à nouveau par le journal Le Monde de propos tronqués, d'amalgames, d'interprétations".

Dans son édition datée du 4 mai, le quotidien cite des extraits de la déposition du général Philippe Rondot devant les juges, d'une note établie par celui-ci et de divers documents "qui contredisent le Premier ministre".



Le principal élément est "une note personnelle" du général Rondot qui contredit son "revirement inattendu" dans Le Figaro du 2 mai et sur lequel Dominique de Villepin a appuyé ses déclarations de mardi, précise-t-il.



Dans Le Figaro de mardi, l'ancien conseiller au ministère de la Défense affirmait que jamais Dominique de Villepin ne lui avait demandé, lors d'une réunion le 9 janvier 2004, d'enquêter sur Nicolas Sarkozy ou sur les hommes politiques figurant sur un listing censé émaner de la société financière Clearstream et faisant état de comptes bancaires à l'étranger.



Or "la note saisie lors d'une perquisition, établit que, dès cette date, M. Villepin était informé de la présence d'hommes politiques sur les listings de Clearstream, à l'inverse de ce qu'il a affirmé dans toutes ses déclarations", écrit Le Monde.

Dominique de Villepin a assuré n'avoir eu connaissance de la mise en cause d'hommes politiques qu'à l'été 2004.



Philippe Rondot écrirait notamment que le futur Premier ministre a évoqué des "réseaux tangentiels à explorer" autour de MM. Fabius, Pasqua, Strauss-Kahn et Marchiani, avant cette mention: "L'enjeu politique : Nicolas Sarkozy".



"A aucun moment, le nom de M. Sarkozy n'a été évoqué", a affirmé le Premier ministre mardi sur Europe 1.

Selon les extraits de la note, publiés par Le Monde, Dominique Villepin aurait lui-même évoqué "le voyage de M. Sarkozy en Chine" qui eut lieu du 8 au 10 janvier 2004 avec cette interrogation: "Intérêt financier?".

Surtout, une référence explicite serait faite à sa présence sur les listings falsifiés: "Compte couplé N. Sarkozy Stéphane Bocza, à préciser".



Prises dans leur intégralité, les déclarations du général "prononcées sous serment" mettent aussi en exergue l'importance des "instructions du président de la République, qui seules pouvaient justifier qu'un agent directement subordonné à la ministre de la Défense puisse ainsi mener une enquête parallèle", ajoute Le Monde.

"Instructions du président de la République, auquel DDV (Dominique de Villepin) avait rendu compte. Traitement direct avec le président de la République, prudence cadre secret", aurait noté Philippe Rondot.



Un autre document adressé à la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie en avril 2004 soulignerait le malaise éprouvé par l'officier supérieur face à "une consigne venue d'en haut" qui lui ordonnait de taire une partie de ses informations à ses supérieurs hiérarchiques.



Tout en louant la "rigueur totale" de Dominique de Villepin et de Michèle Alliot-Marie, le général Rondot déplore qu'aucune autorité n'ait eu "le courage politique de dire stop", autrement dit d'arrêter le cours d'une manipulation qu'il avait dénoncée dès le printemps 2004.